ANGLE DOMINANT
Ottawa pèse les messages contradictoires de Washington : entre l'annonce de Trump et les constats de Kiev, la presse canadienne y lit un jeu de renvoi de responsabilité qui tend les relations américano-ukrainiennes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a déclaré jeudi que l'accès à Starshield était « back » : « I guess the bottom line, he put it back » (National Post).
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Vendredi, le conseiller de Zelensky Serhii « Flash » Beskrestnov a écrit n'avoir vu aucun signe de levée des restrictions (Globe and Mail).
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Un haut responsable européen indique que le plafond de vitesse restait à environ 160 km/h et que Kiev n'a reçu aucune explication officielle (Globe and Mail).
ANALYSE
Ottawa, 23 octobre 2026. La presse canadienne traite l'affaire Starshield comme un casse-tête entre alliés, où chacun se renvoie la responsabilité. Le Globe and Mail parle d'un « blame game » : les restrictions imposées à Starshield, version militaire de Starlink et « colonne vertébrale » des opérations de drones et des communications ukrainiennes, ont alarmé l'armée et le gouvernement de Kiev, des commandants rapportant des drones perdus et des missions perturbées. Le quotidien relève que l'administration Trump envoie des messages contradictoires sur l'origine de ce bridage soudain.
Le National Post rappelle la séquence. Jeudi 22 octobre, Donald Trump a déclaré que l'accès était « back », après un reportage du Wall Street Journal selon lequel il aurait demandé à Elon Musk de rétablir le service. Interrogé sur un éventuel appel, le président a refusé de trancher : « doesn't make any difference ». Il a conclu que Musk l'avait « remis ». Le journal précise que Musk affirmait que toute limite de vitesse ou d'usage était « décidée par l'armée américaine et, en dernier ressort, par le président », alors que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a assuré mardi que le Pentagone n'avait ordonné aucun changement et que Trump disait lui non plus n'y être pour rien.
Les deux médias soulignent le démenti venu du terrain. Vendredi 23 octobre, Serhii « Flash » Beskrestnov, conseiller de Volodymyr Zelensky, a écrit n'avoir « aucune indication » d'une levée des restrictions, les cas de vitesse un peu supérieure à la limite relevant selon lui de l'algorithme de SpaceX. Un haut responsable européen cité par le Globe and Mail indique que le plafond restait fixé à environ 160 km/h, et que Kiev n'a reçu aucune explication officielle sur l'auteur ni sur le motif de la décision.
Le contexte diplomatique occupe une place centrale. Le National Post note que les relations entre Washington et Kiev se sont tendues ces derniers jours, Trump ayant appelé à remplacer Zelensky après ses critiques d'un accord américain laissant davantage de diesel russe entrer sur les marchés mondiaux. Le Globe cite aussi Marc DeVore, de Chatham House, pour qui la mesure, si les informations se confirment, pourrait être une tentative de Washington de dissuader Kiev de frapper des installations énergétiques russes.
Les articles fournis ne traitent ni de la position d'Ottawa ni du Congrès : l'accent reste sur le désaccord entre la parole présidentielle et les constats ukrainiens.
