ANGLE DOMINANT
Le Mexique dissocie la mesure migratoire annoncée à Washington d'un phénomène déjà national : la révocation de visas à des figures politiques mexicaines, d'Andy López Beltrán à la gouverneure de Basse-Californie, qui inquiète désormais les banques du pays.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Jusqu'à 200 000 visas B1/B2 délivrés entre 2016 et 2026 à des demandeurs d'asile pourraient être révoqués, selon des documents du Département d'État obtenus par l'AP
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Le porte-parole Tommy Pigott confirme une coordination avec le Département de la Sécurité intérieure mais ne donne pas de chiffre définitif, le processus étant « dynamique »
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Plusieurs politiciens mexicains (Andy López Beltrán, la gouverneure Marina del Pilar, des maires de Basse-Californie et de Sonora) ont déjà vu leur visa annulé, ce qui inquiète les banquiers du pays
ANALYSE
Mexico, 26 août 2026. Le Département d'État américain prépare la révocation de jusqu'à 200 000 visas B1 et B2 délivrés entre 2016 et 2026 à des personnes ayant ensuite déposé une demande d'asile, selon des documents obtenus par The Associated Press et cités par la presse mexicaine. Le porte-parole du Département d'État, Tommy Pigott, confirme une coordination avec le Département de la Sécurité intérieure « pour identifier et révoquer les visas de non-immigrants d'étrangers arrivés aux États-Unis en se présentant comme visiteurs de courte durée, avant de demander l'asile pour y rester de façon permanente ». Il précise que « le processus étant en cours, le nombre de révocations reste dynamique et se fera de manière graduelle », sans avancer de chiffre définitif. Selon des fonctionnaires fédéraux cités sous anonymat, la révocation n'entraînerait pas nécessairement une expulsion immédiate : la plupart des dossiers d'asile en cours seraient reclassés, leurs titulaires perdant simplement leur statut de voyageur d'affaires ou de tourisme. Si elle se concrétise, la mesure serait la plus vaste révocation de visas de l'histoire américaine et pourrait se heurter à des recours judiciaires. Washington a par ailleurs durci de façon continue les conditions d'obtention de visa depuis le retour de Donald Trump à la présidence, exigeant notamment un examen plus poussé de l'historique des réseaux sociaux des candidats.
Au Mexique, la nouvelle recoupe un dossier déjà sensible sur le plan intérieur : la révocation, ces derniers mois, des visas de plusieurs figures politiques nationales. Andrés Manuel López Beltrán, fils de l'ex-président López Obrador, a lui-même annoncé le retrait de son permis d'entrée aux États-Unis. La liste inclut aussi Marina del Pilar, gouverneure de Basse-Californie, son ex-mari Carlos Torres Torres, plusieurs maires de Basse-Californie et de Sonora, ainsi qu'un ex-gouverneur du Guerrero. La chroniqueuse Jeanette Leyva rapporte que ces annulations, dont les motifs restent inconnus, préoccupent désormais les banquiers mexicains : les intermédiaires financiers redoutent le « risque » de compter parmi leurs clients une personnalité publiquement écartée par Washington, sujet déjà débattu au sein de l'Association des banques du Mexique.
