ANGLE DOMINANT
Ottawa exprime un malaise diplomatique face à la normalisation de la présence russe dans les enceintes multilatérales, pendant que Washington négocie en tête-à-tête avec Moscou sur le sort de l'Ukraine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Poutine a reçu Witkoff et Kushner près de trois heures samedi au Kremlin, jugeant que « la situation n'est bien sûr pas simple ».
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Le ministre canadien Champagne a dit que l'invitation du ministre russe des Finances au G20 en Caroline du Nord avait causé « beaucoup d'inconfort ».
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Malgré la trêve de trois jours sur Kiev et Moscou, des frappes russes ont tué cinq employés à Kamianske et visé un centre commercial à Mykolaïv.
ANALYSE
Ottawa, 6 septembre 2026. Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont passé près de trois heures samedi au Kremlin face à Vladimir Poutine, qui a jugé devant eux que « la situation n'est bien sûr pas simple ». Washington et Moscou ont l'un et l'autre qualifié l'entretien de positif, avant le départ des deux hommes pour Kiev dimanche, où Volodymyr Zelensky doit les recevoir pour la première fois depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Ottawa exprime un malaise qui déborde le seul dossier ukrainien. Le ministre canadien Champagne a résumé la gêne d'Ottawa face à l'accueil du ministre russe des Finances au sommet du G20 tenu cette semaine en Caroline du Nord, évoquant « beaucoup d'inconfort ». Pour la diplomatie canadienne, la normalisation graduelle de la présence russe dans les enceintes multilatérales tranche avec la poursuite des bombardements sur le territoire ukrainien.
Le déplacement de Witkoff et Kushner, accueillis à l'aéroport par l'émissaire russe Kirill Dmitriev sous la formule « Welcome to Moscow Peacemakers », marque leur première visite à Kiev : ils devront emprunter un avion malgré la fermeture de l'espace aérien ukrainien depuis 2022, alors que les dignitaires y voyagent d'ordinaire par train. Trump a refusé de préciser si le plan proposé impliquait une cession de territoire ukrainien, se limitant à dire disposer d'« une idée pour la paix ».
La trêve de trois jours reste étroitement circonscrite. Le Kremlin a ordonné la suspension des frappes sur Kiev à compter de minuit samedi, et Zelensky a promis en retour d'épargner Moscou jusqu'à lundi. Les bombardements se sont pourtant poursuivis ailleurs : un site industriel de Kamianske a été frappé, tuant cinq employés selon les autorités régionales, tandis qu'un centre commercial de Mykolaïv a été visé par des drones. Vendredi, un drone russe avait aussi frappé pour la première fois le siège des services de sécurité ukrainiens à Kiev, présenté par Zelensky comme une réaction à l'annonce de la visite.
Pour Ottawa, l'épisode illustre le risque que la diplomatie bilatérale entre Washington et Moscou avance sans que les alliés de Kiev, dont le Canada, pèsent sur les termes réellement discutés.
