ANGLE DOMINANT
Berlin redoute que l'Europe soit reléguée au rang de simple variable d'ajustement dans les tractations entre Washington et Pékin, sans avoir voix aux arbitrages qui s'y négocient.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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À Düsseldorf, dirigeants d'entreprises allemands et chinois ont tenu un dialogue économique où la rivalité sino-américaine planait sur les débats, selon la Deutsche Welle.
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Mikko Huotari, directeur du think tank berlinois MERICS, juge que Xi et Trump vivent un « stalemate stratégique » où aucun des deux ne cherche de percée immédiate.
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Le chancelier Friedrich Merz est absent de l'Assemblée générale de l'ONU cette semaine, retenu par des défaites électorales régionales en Saxe-Anhalt, à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, et se fait représenter par le ministre Johann Wadephul.
ANALYSE
Berlin, 23 septembre 2026. Pour la presse allemande, l'arrivée de Xi Jinping à Washington n'est pas d'abord un duel entre deux capitales : c'est un sommet dont l'Europe pourrait payer les arbitrages sans y être conviée. La Deutsche Welle rappelle que des dirigeants d'entreprises allemands et chinois se sont réunis la semaine dernière à Düsseldorf pour un dialogue économique où la rivalité sino-américaine planait sur les débats. Mikko Huotari, directeur du think tank berlinois MERICS, résume le calcul de Pékin : « Xi n'a vraiment pas besoin d'une percée à Washington. Il a besoin de plus de temps. » Il décrit une situation de « stalemate stratégique » partagée, selon lui, par les deux capitales.
La première rencontre entre les deux présidents, en mai à Pékin, n'avait débouché sur aucun résultat tangible, rappelle DW. Cette fois, la pression intérieure pèse sur Donald Trump : le politologue Wang Hung-Jen, cité par la Deutsche Welle, estime que le président américain a besoin de résultats visibles avant les élections de mi-mandat de novembre — droits de douane, produits agricoles, avions Boeing, terres rares, investissements. Un accord commercial serait aussi un succès électoral pour les républicains, sans certitude qu'il se concrétise.
Sur le plan économique, Handelsblatt observe que les investisseurs chinois restent prudents à la veille de l'arrivée de Xi à Washington : la Bourse de Shanghai a reculé de 0,3 %, le CSI 300 de 0,4 %, pendant que les marchés asiatiques hors Chine profitaient de l'engouement pour l'intelligence artificielle. Le journal évoque l'hypothèse d'une prolongation de la désescalade commerciale et d'un accord de coopération sur l'IA, un terrain où Washington restreint déjà l'export de semi-conducteurs avancés et où Pékin réplique en limitant les terres rares nécessaires à leur fabrication.
En toile de fond, la diplomatie allemande se trouve elle-même absente de la grande scène : le chancelier Friedrich Merz manque l'Assemblée générale de l'ONU cette semaine, empêtré dans une série de défaites électorales régionales en Saxe-Anhalt, à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, et c'est son ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul qui le représente. Pour la Deutsche Welle, le constat est clair : pendant que Washington et Pékin négocient les termes de leur rivalité, ce sont les puissances moyennes — l'Europe en tête — qui devront s'ajuster à un accord dont elles n'auront pas écrit une ligne.
SOURCES (2)
- HandelsblattMOYEN
