De l'Espagne qui ferme son ciel aux avions US à l'Italie qui refuse ses bases, l'alliance atlantique se fissure en temps réel. Ce dossier suit la rébellion progressive des alliés européens contre la politique étrangère américaine.
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La fracture entre Washington et ses alliés européens s'approfondit de semaine en semaine. L'Espagne a fermé ses bases et son espace aérien aux avions américains liés à l'opération contre l'Iran. L'Italie a suivi en refusant la base de Sigonella, pendant que l'Allemagne débat de la légalité de l'utilisation de Ramstein. Trump a répondu en qualifiant l'OTAN de « tigre de papier » et en évoquant un retrait américain de l'alliance. Le Royaume-Uni appelle à une défense européenne autonome, tandis que le Canada atteint enfin les 2% du PIB en dépenses militaires. Pour la première fois depuis la création de l'OTAN, la question n'est plus si l'alliance tiendra, mais sous quelle forme.
Mis à jour le 25 juin 2026
Ces perspectives lisent la querelle Trump-Meloni comme le symptôme d'une fracture structurelle au sein de l'OTAN, et insistent sur la nécessité pour l'Europe de renforcer son autonomie défensive face à un Washington dont la fiabilité est remise en question par les sondages et les déclarations de Trump.
Le Royaume-Uni et l'Australie décryptent la crise en miroir de leurs propres tensions avec Washington, documentant un fort recul de la confiance publique dans les États-Unis tout en soulignant que la pression américaine s'étend à l'ensemble des alliés, pas seulement à l'Italie.
Le Pérou et la Serbie adoptent une lecture factuelle centrée sur la querelle Iran/bases militaires. La Serbie, candidate à l'UE mais non membre de l'OTAN, observe les failles de la solidarité atlantique depuis l'extérieur de l'Alliance sans y inscrire de projet d'autonomie européenne.
Lecture du silence de Meloni
Rome et Berlin lisent le silence initial de Meloni comme un calcul stratégique visant à préserver les relations bilatérales ; Washington y voit un refus de cautionner la guerre en Iran ; Londres et la Suède soulignent qu'il a finalement cédé la place à des répliques publiques directes.
Calcul politique intérieur de Meloni
Les médias américains et allemands interprètent la confrontation publique avec Trump comme un avantage électoral calculé face à des sondages en baisse avant les législatives de 2027 ; les médias italiens et suisses mettent davantage en avant la défense de la dignité nationale italienne.
Fiabilité des États-Unis comme allié
L'Australie documente un effondrement de la confiance (76 % d'opinion défavorable, chute de 79 % à 37 % de fiabilité perçue selon Pew et Lowy) ; les perspectives européennes continentales partagent une préoccupation similaire sans mesurer l'érosion avec la même acuité.
La querelle entre Trump et Meloni s'inscrit dans un contexte de redéfinition des équilibres au sein de l'Alliance atlantique, accélérée par l'intervention militaire américaine contre l'Iran déclenchée en février 2026. Plusieurs alliés européens, dont l'Italie, ont refusé l'accès à leurs bases militaires pour ces opérations, créant un contentieux opérationnel que Washington traduit en termes de manquement aux obligations collectives. En parallèle, Pete Hegseth a annoncé une revue de six mois des déploiements américains en Europe, et le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius a estimé à 500 milliards d'euros le coût d'une montée en puissance autonome du continent. Le sommet de l'OTAN prévu à Ankara constitue l'échéance immédiate de cette crise, alors que la cote d'approbation de Trump atteint son niveau le plus bas depuis le début de son second mandat (34 % selon Ipsos/Reuters) et que 76 % des citoyens de 36 pays interrogés par Pew Research Center déclarent ne pas lui faire confiance. Pour l'Europe, la séquence accélère le débat sur l'autonomie stratégique, validant les thèses défendues de longue date par Paris.