En sept jours, trois piliers de la gouvernance américaine ont tremblé. La question que 38 pays posent : qui commande ?
En sept jours, trois piliers de la gouvernance américaine ont tremblé. Et le monde entier regarde — chacun avec un angle différent.
La justice : torpillée
Lundi, Trump limoge Pam Bondi — sa propre procureure générale, l'une de ses plus fidèles alliées. Le contexte est explosif : les fichiers Epstein, dont Bondi supervisait la gestion, menacent de révéler des connexions entre l'élite politique américaine et le réseau de trafic sexuel de Jeffrey Epstein.
Ottawa résume en une phrase ce que le reste du monde analyse en dix paragraphes : « Bondi's loyalty wasn't enough to save her » (voir la perspective canadienne). Rome utilise le verbe « silurare » — torpiller — plus violent que licencier, c'est une destruction délibérée (voir la perspective italienne).
Le remplacement par un loyaliste encore plus docile pose une question que la presse américaine évite : qui contrôle le système judiciaire si le président remplace quiconque s'approche des dossiers sensibles ?
L'armée : décapitée en pleine guerre
Mercredi, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth pousse le général Randy George à la retraite. George est le chef d'état-major de l'armée de terre — la plus haute autorité militaire terrestre — et les États-Unis sont en guerre contre l'Iran depuis 5 semaines.
La France connaît cette situation depuis Napoléon : on ne change pas de général en pleine bataille (voir la perspective française). L'Allemagne choisit le verbe « drängt » — pousser, presser — au lieu de « licencier », soulignant la brutalité d'un geste qui devrait être impossible en temps de guerre. George est le troisième haut gradé à tomber en deux mois.
