ANGLE DOMINANT
Paris scrute un pouvoir albanais mis en cause dans la rue : la presse française suit l'escalade à Tirana et l'ultimatum exigeant la démission d'Edi Rama, en retenant sa réponse qui impute les violences à l'opposition.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon la police, 65 personnes ont été arrêtées mercredi ; selon le ministère de la Santé, 89 personnes, dont 61 policiers, ont reçu des soins à Tirana.
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Des collectifs de manifestants ont diffusé un « ultimatum » exigeant la démission d'Edi Rama avant 13 heures (11 heures GMT) jeudi.
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Edi Rama a déclaré que les ruines n'étaient pas l'œuvre de « mains d'étudiants » et a imputé la violence à des responsables de l'opposition.
ANALYSE
Paris, 15 octobre 2026. Pour la troisième journée consécutive, des heurts ont opposé manifestants et policiers jeudi 15 octobre à Tirana, rapporte Le Monde, qui note que les protestations s'étendent à d'autres villes. La police a employé gaz lacrymogènes et canons à eau pour repousser les foules qui tentaient de s'approcher du ministère de l'Éducation, tandis que des manifestants lançaient des pierres sur les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les récits français reviennent sur les deux jours précédents. Mardi et mercredi, selon Le Monde et Sud Ouest, les manifestants ont forcé l'entrée de plusieurs bâtiments officiels et en ont incendié au moins un. France 24 et Le Monde, citant l'AFP, décrivent mercredi pavés, cocktails Molotov, poubelles incendiées et barricades le long d'une artère du centre, près du ministère de l'Éducation, ainsi que des bureaux du chef du gouvernement et de deux ministères pris pour cibles. Des pompiers sont intervenus après un départ de fumée au ministère.
Le bilan est donné de source officielle. Selon la police, 65 personnes ont été arrêtées mercredi. Selon le ministère de la Santé, 89 personnes, dont 61 policiers, ont reçu des soins dans deux hôpitaux de Tirana ; quatre policiers et deux manifestants étaient encore hospitalisés jeudi, et trois personnes devaient être opérées. Le Monde ajoute un intertitre sur des accusations de recours excessif à la force par la police.
Les revendications sont présentées comme sociales autant que politiques : les manifestants, des milliers selon Le Monde, dénoncent de mauvaises conditions universitaires et des frais de scolarité élevés, et réclament davantage de soutien pour les étudiants. Des collectifs ont diffusé un « ultimatum » exigeant la démission d'Edi Rama avant 13 heures (11 heures GMT), alors que le Premier ministre devait rencontrer le groupe parlementaire de son parti.
La parole du pouvoir est rapportée en détail. Edi Rama a condamné le « chaos » et publié sur Facebook une vidéo où il visite les restes calcinés d'un bureau sur un campus de Tirana : « Aujourd'hui, ce sont les ruines laissées par des mains qui ne sont pas, et ne pourront jamais être, des mains d'étudiants. » Il impute la violence à des responsables de l'opposition. Sud Ouest titre sur un Premier ministre « sur la sellette » et rappelle que les manifestations antigouvernementales durent depuis plus de quatre mois.
SOURCES (3)
- Sud OuestMOYEN
