ANGLE DOMINANT
Stockholm replace les émeutes de Tirana dans une vague étudiante européenne : coût des études, emploi et corruption, avec la France et la Belgique en miroir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Aftonbladet : le ministère de l'Éducation et deux banques auraient été incendiés, la police recourant à canons à eau et gaz lacrymogène.
- 02
Les organisateurs étudiants citent la hausse des frais d'études, l'insuffisance des aides et le manque de débouchés après l'examen.
- 03
Expressen : la vice-Première ministre Albana Koçiu condamne la violence, tandis que Sali Berisha salue les étudiants.
ANALYSE
Stockholm, 15 octobre 2026. La presse suédoise traite les troubles de Tirana comme un épisode d'une vague étudiante européenne plutôt que comme une crise purement albanaise. Aftonbladet parle de « fullt kaos » et affirme que des dizaines de milliers d'étudiants manifestent dans la capitale. Le ministère de l'Éducation et deux banques auraient été incendiés, dont une agence de Raiffeisen Bank proche du ministère. Des pierres ont été lancées contre la police, qui a employé canons à eau et gaz lacrymogène.
Les deux quotidiens décrivent les protestations comme les plus violentes à ce jour contre le Premier ministre Edi Rama. Selon Aftonbladet, il a remporté un quatrième mandat en mai de l'an dernier et fait face depuis à un mécontentement croissant lié à des soupçons de corruption autour de hauts responsables. Les manifestants rejettent aussi l'opposition, jugée « inacceptable » comme alternative.
Sur les motifs, Aftonbladet s'appuie sur les organisateurs étudiants de Tirana : conditions dans les universités, hausse des frais d'études, aides financières insuffisantes et faibles perspectives d'emploi après le diplôme. Les deux journaux citent, d'après The Guardian, l'étudiante Lora : « C'est une révolution. Nous sommes fatigués des manifestations pacifiques. » Elle dit que le mouvement ne s'arrêtera pas tant que Rama ne partira pas. Les protestations avaient d'abord été déclenchées par un projet de complexe de luxe sur la côte sud, que Jared Kushner aurait soutenu. Aftonbladet précise que le projet fait désormais l'objet de litiges judiciaires. Expressen y associe Ivanka Trump et situe ces accusations de corruption durant l'été.
Le cadre européen domine. Expressen évoque des protestations étudiantes en France, en Belgique et désormais en Albanie, avec des dizaines de milliers de personnes dans la rue contre des coûts d'études qui s'envolent, de mauvaises perspectives d'emploi et la corruption. Aftonbladet rappelle que des lycéens français bloquent des établissements depuis plusieurs semaines pour réclamer plus d'enseignants et de meilleurs locaux.
Expressen donne aussi la parole aux acteurs politiques. La vice-Première ministre Albana Koçiu écrit sur Facebook que protester est un droit légitime, mais ne peut servir d'excuse à la violence, et appelle les étudiants à s'en distancier. La police prévient que les auteurs de violences seront poursuivis. Le chef de l'opposition Sali Berisha, cité d'après l'agence Ata, a salué les étudiants : les rues de Tirana n'auraient jamais vu « de lions comme ces étudiants ».
