ANGLE DOMINANT
Belgrade décrit une capitale voisine au bord de l'embrasement : la presse serbe montre barricades, canons à eau et bâtiments en feu à Tirana, et rattache la crise à la « révolution des flamants ».
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Selon Blic, les protestations de lycéens et d'étudiants en sont à leur troisième jour et ont gagné Durrës, Shkodër, Kukës, Korçë et Vlorë ; la séance du Parlement a été annulée.
- 02
Sali Berisha, chef du Parti démocrate, exige la démission d'Edi Rama, qui refuse en rappelant que l'Albanie a tenu des élections l'an dernier, « pas une révolution » (Blic).
- 03
Politika rattache la crise au mouvement lancé le 31 mai contre le complexe de Zvernec, lié à Jared Kushner, gendre de Donald Trump, dit « révolution des flamants ».
ANALYSE
Belgrade, 15 octobre 2026. Les quotidiens serbes Blic et Politika consacrent à l'Albanie des titres dramatiques : « Tirana en flammes » pour Politika, « Tirana est devenue une zone de guerre » pour Blic. Le récit s'ouvre sur la soirée du mercredi 14 octobre, quand, selon Blic, la capitale albanaise a offert des scènes qui « rappellent une zone de guerre ».
Politika, citant le « Tirana Times », décrit des milliers de manifestants et de policiers aux prises autour du siège du gouvernement, du ministère de l'Éducation, des bureaux parlementaires et de plusieurs locaux commerciaux du centre. Les manifestants ont dressé et incendié des barricades, jeté des pavés, et les forces de l'ordre ont répondu par gaz lacrymogène et canons à eau. Près de la Pyramide, un local commercial en rez-de-chaussée de l'une des deux tours a pris feu ; l'ampleur des dégâts, précisent les deux journaux, reste à établir.
Le troisième jour, relate Blic, les protestations de lycéens et d'étudiants se sont poursuivies dans plusieurs villes : Tirana, Durrës, Shkodër, Kukës, Korçë et Vlorë, tandis que des lycéens de Kamza boycottaient les cours. Devant le ministère de l'Éducation puis devant le Parlement, des pierres ont été lancées, des poubelles brûlées, des panneaux arrachés ; la police a employé canons à eau et gaz lacrymogène. La séance parlementaire prévue en même temps a été annulée. Dans la rue Durrës de Tirana, des commerces ont été attaqués.
Sur le plan politique, Blic rapporte que le chef du Parti démocrate, Sali Berisha, a exigé la démission immédiate d'Edi Rama. Ce dernier a refusé, rappelant que les gouvernements changent par des élections démocratiques et que l'Albanie a voté l'an dernier : « pas une révolution ». Politika note que les revendications initiales (état de l'enseignement, coût de la vie, manque d'emplois) ont pris un caractère nettement politique : les manifestants réclament le départ du Premier ministre et de tout le gouvernement, accusé de corruption et de liens avec le crime organisé.
Les deux titres replacent l'épisode dans le mouvement lancé le 31 mai contre un complexe touristique dans la zone côtière protégée de Zvernec, lié aux projets de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, baptisé « révolution des flamants ». Blic souligne le poids symbolique des attaques contre les tours de luxe, associées dans le débat public albanais à des soupçons de blanchiment. Politika signale aussi que des policiers ont été suspendus pour leur conduite envers les manifestants.
