ANGLE DOMINANT
Berlin décrypte le tir chinois dans le Pacifique comme un signal de plus d'un axe stratégique sino-russe assumé, quelques jours après avoir convoqué l'ambassadeur chinois pour d'autres soupçons de coopération militaire avec Moscou.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole de la marine chinoise Wang Xuemeng a affirmé que le missile, tiré depuis un sous-marin nucléaire, s'est abattu « avec précision dans la zone maritime prévue »
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La Nouvelle-Zélande a dit être « profondément préoccupée » par ces essais d'armes à capacité nucléaire dans le Pacifique sud, qu'elle considère comme « un océan de paix »
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L'Auswärtiges Amt a convoqué l'ambassadeur chinois Deng Hongbo pour un entretien urgent après des informations sur l'entraînement de soldats russes par l'armée chinoise, que Pékin a démenties
ANALYSE
Berlin, 7 juillet 2026. Le tir d'un missile balistique intercontinental chinois dans le Pacifique sud, effectué depuis un sous-marin nucléaire, survient à un moment où l'Allemagne observe déjà avec méfiance le rapprochement militaire sino-russe. Selon le porte-parole de la marine chinoise Wang Xuemeng, cité par Deutsche Welle, l'engin s'est abattu « avec précision dans la zone maritime prévue », dans le cadre des « exercices militaires annuels » de la Chine, « conformes au droit international » et « non dirigés contre un pays en particulier ». Pékin affirme avoir pré-notifié plusieurs Etats riverains, dont la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, avant le tir. Wellington a néanmoins exprimé une inquiétude profonde face à « des essais d'armes à capacité nucléaire dans le Pacifique sud », qu'elle dit vouloir voir demeurer « un océan de paix » ; Tokyo avait pour sa part demandé à Pékin, en amont, de reconsidérer le tir. Le test coïncide avec le lancement, par la marine chinoise, de manœuvres conjointes avec la Russie près de Qingdao, sous le mot d'ordre de « réponse commune aux menaces à la sécurité maritime » - un rapprochement que Berlin scrute avec une vigilance croissante. Quelques jours plus tôt, l'Auswärtiges Amt avait convoqué l'ambassadeur chinois Deng Hongbo pour un « entretien urgent », après des informations selon lesquelles l'Armée populaire de libération formerait des soldats russes sur le territoire chinois, notamment au maniement de drones. Pékin a fermement démenti : la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a qualifié ces informations de « pure calomnie dépourvue de tout fondement factuel », exigeant que Berlin adopte une position « objective et rationnelle » sur la « crise ukrainienne ». Pour la diplomatie allemande, le tir dans le Pacifique vient donc s'ajouter à un dossier déjà sensible : celui d'une Chine qui, tout en se présentant comme un acteur impartial dans la guerre en Ukraine, approfondit sa coopération militaire avec Moscou - drones, entraînement de troupes, manœuvres navales conjointes. La proximité temporelle entre le test balistique et l'exercice sino-russe nourrit à Berlin la perception d'un axe stratégique qui ne dit pas son nom, plutôt que celle du simple exercice de routine que présente Pékin.
