ANGLE DOMINANT
Manille mesure le tir chinois dans le Pacifique à l'aune d'une décennie de tensions déjà vives avec Pékin en mer de Chine méridionale
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La marine chinoise affirme avoir tiré le 6 juillet à 12h01 un missile depuis un sous-marin nucléaire stratégique vers le Pacifique, avec préavis aux pays concernés selon la porte-parole Wang Xuemeng
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Le président Marcos Jr a critiqué les sanctions chinoises contre le secrétaire à la Défense Teodoro, estimant qu'elles ne réduisent pas le risque d'un incident pouvant dégénérer
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L'AFP a recensé 44 navires chinois en mer de Chine occidentale récemment, contre 17 auparavant, selon les articles cités par Inquirer
ANALYSE
Manille, 7 juillet 2026. Le tir d'un missile balistique chinois dans le Pacifique sud, effectué le 6 juillet à 12h01, résonne particulièrement aux Philippines, où les relations avec Pékin sont déjà au plus bas depuis des années. Selon la marine chinoise, un sous-marin nucléaire stratégique de l'Armée populaire de libération a lancé « une missile stratégique porteur d'une ogive d'entraînement simulée » vers « la zone maritime concernée » du Pacifique, opération présentée par la porte-parole Wang Xuemeng comme « un arrangement de routine de l'entraînement militaire annuel de la Chine », les pays concernés ayant été « informés à l'avance ». Le ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Justin Tkatchenko, a confirmé avoir été « personnellement appelé par l'ambassadeur chinois », tandis qu'une source gouvernementale néo-zélandaise évoque un essai de missile intercontinental. Le tir coïncide avec le lancement des exercices navals conjoints sino-russes au large de Qingdao. Pour Manille, cette démonstration de force s'ajoute à une série de frictions bilatérales. Le président Ferdinand Marcos Jr a dénoncé les sanctions chinoises visant le secrétaire à la Défense Gilberto Teodoro Jr, jugeant l'attitude de Pékin « pas très utile » et estimant qu'elle « ne réduit en rien le risque d'erreur ou d'incident qui pourrait dégénérer ». Le ministère de la Défense accuse par ailleurs l'ambassade de Chine à Manille d'« insincérité » et de « duplicité », à l'approche du 10e anniversaire, le 12 juillet, de la sentence arbitrale de La Haye invalidant les revendications chinoises en mer de Chine méridionale. Le think tank Stratbase Institute réclame une accélération de la modernisation des forces armées philippines, citant un sondage Pulse Asia selon lequel une majorité de Filipinos jugent prioritaire le soutien aux forces armées et aux garde-côtes. Sur le terrain, des pêcheurs de Subic rapportent croiser des navires garde-côtes chinois à une cinquantaine de milles nautiques des côtes, un chiffre qui s'ajoute aux 44 bâtiments chinois recensés récemment en mer de Chine occidentale, contre 17 auparavant. La coalition civile Atin Ito réclame que le 12 juillet soit déclaré jour national de la victoire. Le tir de missile dans le Pacifique n'apparaît donc pas isolé aux yeux de Manille : il s'inscrit dans une lecture plus large d'une Chine jugée de plus en plus démonstrative, alors que les Philippines cherchent à consolider leur position juridique et militaire face à Pékin.
