ANGLE DOMINANT
Paris décrypte un sommet sous contrainte, où le conflit au Moyen-Orient a éclipsé les ambitions d'élargissement des BRICS et réduit New Delhi à préserver les apparences.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le sommet s'est achevé sans extension du cercle des 11 membres à part entière, les 10 partenaires étant davantage associés aux travaux du bloc.
- 02
New Delhi a annoncé un cadre de coopération logistique pour les chaînes d'approvisionnement, un système d'alerte précoce sur les maladies infectieuses et une coopération financière accrue.
- 03
Narendra Modi a multiplié les entretiens bilatéraux avec les dirigeants des Philippines, du Kazakhstan, d'Afrique du Sud, de l'Égypte, du Burundi, de l'Ouganda et du Nigeria.
ANALYSE
Paris, 14 septembre 2026. Le sommet des BRICS s'est refermé dimanche 13 septembre à New Delhi dans un climat que la presse française qualifie de sobre, loin des annonces spectaculaires parfois attendues d'un bloc qui revendique représenter le Sud global. France 24 résume d'emblée la tonalité de la réunion, présentée comme un sommet "dominé par le conflit au Moyen-Orient", où la guerre entre les États-Unis et l'Iran, et ses répercussions sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, a pesé sur les débats plus qu'aucune initiative nouvelle.
RFI note que le sujet moyen-oriental n'a été abordé que de façon "très flou" dans la déclaration commune, rappelant que plusieurs membres du groupe, l'Iran et les Émirats arabes unis en tête, sont directement parties prenantes du conflit, ce qui rend tout consensus fragile. Faute d'élargissement, New Delhi a choisi d'associer davantage les dix pays partenaires aux travaux du bloc : "le sommet s'est refermé ce dimanche 13 septembre, sans nouvelle extension du cercle des 11 membres à part entière", relève l'agence.
Sur le fond, trois chantiers ressortent des annonces retenues par la presse française : un cadre de coopération logistique destiné à sécuriser des chaînes d'approvisionnement jugées vulnérables, un système d'alerte précoce commun face aux maladies infectieuses, et une coopération financière renforcée. Le Premier ministre indien Narendra Modi, qui a multiplié les entretiens bilatéraux avec les dirigeants des Philippines, du Kazakhstan, d'Afrique du Sud, de l'Égypte, du Burundi, de l'Ouganda et du Nigeria, a résumé l'ambition du groupe en affirmant que "les BRICS n'étaient pas juste un groupe de pays, mais aussi un écosystème de solutions."
Pour la presse française, ce sommet illustre les limites d'un bloc hétérogène, contraint à l'unanimité de façade sur les crises géopolitiques, tout en cherchant à consolider, par petites touches institutionnelles, une architecture parallèle aux instances occidentales, sans bouleversement de sa géométrie à onze membres.
