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ESCALADE MILITAIRE ENTRE LES ÉTATS-UNIS ET L'IRAN
Riyad mesure les risques d'une escalade qui menace directement la navigation et les prix pétroliers du Golfe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
Riyad, 10 juillet 2026. Pour l'Arabie saoudite, la reprise des frappes entre Washington et Téhéran ravive la hantise d'un blocage durable du détroit d'Ormuz, artère vitale des exportations pétrolières du Golfe. Selon Asharq Al-Awsat, le Commandement central américain affirme avoir frappé jeudi environ 90 cibles militaires iraniennes, dont des sites de stockage de missiles et de drones ainsi que des installations logistiques le long du littoral, en réponse à des attaques contre des navires commerciaux dans la voie navigable. Téhéran a riposté rapidement : les Gardiens de la révolution disent avoir visé des "infrastructures et installations clés" sur des bases américaines régionales, tandis que Bahreïn et le Koweït ont aussi été frappés, selon la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, qui juge ces attaques "inacceptables".
L'escalade survient après une accalmie fragile : trois pétroliers, dont un navire qatari transportant du GNL, ont été touchés en quelques heures près d'Oman, un épisode que Doha qualifie d'"attaque inacceptable" en tenant Téhéran "pleinement responsable". Le Conseil de coopération du Golfe a condamné fermement cette action, ravivant les craintes sur la liberté de navigation dans une zone d'où transite l'essentiel des exportations énergétiques du Golfe. Conséquence immédiate : le Brent a gagné plus de 2 %, à 76,08 dollars le baril, après que Washington a révoqué la licence autorisant la vente de brut iranien.
Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte a jugé les frappes américaines "absolument nécessaires", estimant que Téhéran violait le cessez-le-feu, tandis que Donald Trump a déclaré que l'accord intérimaire était "terminé", laissant toutefois la porte ouverte à des pourparlers. Ce contexte survient alors que Téhéran a inhumé jeudi son guide suprême Ali Khamenei à Mashhad, dans un climat de deuil mêlé de slogans hostiles à Washington, tandis que son fils et successeur Mojtaba reste invisible depuis sa blessure.
Pour Riyad, l'équation reste inchangée depuis février : préserver la stabilité du Golfe et la sécurité des routes commerciales sans être entraînée dans un conflit dont elle ne maîtrise ni le calendrier ni l'issue.
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