ANGLE DOMINANT
Bruxelles décrypte ce retrait américain comme la validation d'une trajectoire déjà engagée depuis 2025 par plusieurs capitales occidentales, plus qu'un revirement soudain de Washington envers Damas.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La Syrie figurait sur la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme depuis 47 ans, soit depuis 1979, avant son retrait lundi.
- 02
Le Trésor américain a aussi retiré Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l'ex-formation d'Ahmad al-Chareh, de sa liste des personnes et entités sous sanctions (SDN List).
- 03
Le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Safwat Raslan, a qualifié la décision d'"étape historique" permettant au pays de "retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial".
ANALYSE
Bruxelles, 25 août 2026. La presse belge relaie sans détour l'annonce américaine : lundi, Washington a retiré la Syrie de sa liste des Etats soutenant le terrorisme, où le pays figurait depuis 47 ans, soit depuis 1979. DH et La Libre Belgique, qui reprennent un texte quasi identique, situent la décision dans la continuité de la politique engagée par l'administration Trump, laquelle avait annoncé son intention de rayer Damas de cette liste dès début juillet, un peu moins de deux ans après la chute de Bachar al-Assad, en décembre 2024.
Les deux titres insistent sur la portée économique du geste plus que sur ses implications sécuritaires régionales. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, cité dans les deux articles, affirme que "les décisions prises aujourd'hui vont favoriser des investissements supplémentaires en Syrie pour promouvoir la stabilité politique et économique" du pays. Le Trésor américain a par ailleurs retiré Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l'ex-formation du président syrien Ahmad al-Chareh, de sa liste des personnes et entités sous sanctions, la SDN List, achevant la sortie de ce groupe, ex-branche d'Al-Qaïda rebaptisée en 2016, de toute désignation terroriste américaine.
Côté syrien, la presse belge relaie la satisfaction officielle : le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Safwat Raslan, a salué sur X une "étape historique" permettant au pays de "retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial". Ce retrait, qui lève un pan des sanctions américaines, ouvre en théorie la voie à des investissements accrus dans la reconstruction d'un pays ravagé par plus d'une décennie de guerre civile.
Aucun des deux articles ne mentionne les pourparlers sécuritaires en cours entre Damas et Israël sous médiation américaine, ni les repositionnements turc, russe ou golfe évoqués ailleurs dans la couverture internationale du dossier syrien : la Belgique lit l'événement avant tout comme un jalon de la normalisation économique post-Assad, amorcée depuis 2025 par plusieurs pays occidentaux ayant déjà annulé leurs propres sanctions.
