ANGLE DOMINANT
Moscou décrypte la levée des sanctions américaines contre Damas comme une étape de plus dans l'ancrage de l'influence de Washington sur la Syrie post-Assad, tout en relevant que le HTC reste classé organisation terroriste sur son propre sol.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Washington a officiellement retiré la Syrie de la liste des Etats soutenant le terrorisme le 24 août, et retiré le HTC de la liste des organisations terroristes
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Marco Rubio a autorisé la levée après le délai obligatoire de 45 jours de notification au Congrès
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La liste américaine des Etats soutenant le terrorisme ne comprend désormais plus que l'Iran, la Corée du Nord et Cuba
ANALYSE
Moscou, 25 août 2026. Moscou décrypte la levée par Washington de la désignation de la Syrie comme « Etat soutenant le terrorisme » comme une étape supplémentaire dans la recomposition des équilibres régionaux amorcée après la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024. Le département d'Etat et le Trésor américains ont annoncé le 24 août avoir rayé Damas d'une liste où elle figurait depuis des décennies, et retiré Hayat Tahrir al-Cham (HTC) de la liste des organisations terroristes, rapporte TASS. Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a précisé avoir « formellement autorisé » cette annulation, au terme du délai obligatoire de 45 jours de notification au Congrès, selon Sputnik.
La presse russe insiste sur un point que la communication américaine ne relève pas : le HTC, tout comme Al-Qaïda, reste classé organisation terroriste en Russie. TASS le rappelle systématiquement entre parenthèses dans ses dépêches, soulignant un écart de qualification entre les deux capitales sur le statut réel du pouvoir installé à Damas.
Le gouvernement syrien de transition a salué la décision américaine. Le ministère syrien des Affaires étrangères y voit « un tournant significatif dans les relations internationales » qui « crée les conditions appropriées pour la reconstruction du pays et le renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région ». Damas espère désormais la levée de « toutes les restrictions restantes ». Le chef de la diplomatie syrienne, Asaad al-Chaibani, a écrit sur X espérer un approfondissement du « partenariat stratégique » avec Washington.
Selon le département du Trésor, la décision s'inscrit dans l'engagement du président Donald Trump à alléger les sanctions contre Damas ; elle lève des freins majeurs aux investissements privés et à la réintégration économique de la Syrie. Washington la justifie par les efforts du gouvernement du président Ahmed al-Chareh pour « éloigner la Syrie des actes de terrorisme international » et contrer l'Etat islamique, Al-Qaïda, le Hezbollah et les groupes proches de l'Iran. La liste américaine ne compte désormais plus que l'Iran, la Corée du Nord et Cuba.
Pour Moscou, la manœuvre confirme la volonté de Washington d'ancrer durablement son influence sur la nouvelle Syrie, dans un contexte où la Turquie et les monarchies du Golfe consolident elles aussi leurs positions à Damas. Aucun commentaire officiel du Kremlin ne figure dans les dépêches disponibles, qui se limitent à relayer les versions américaine et syrienne du geste.
