ANGLE DOMINANT
Rome décrypte dans la sentence de Shenzhen la clôture judiciaire d'un des plus grands effondrements immobiliers de l'histoire économique récente.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Amende totale d'environ 2,35 milliards de dollars : 8,82 milliards de yuans pour Evergrande et 7 milliards de yuans pour Evergrande Real Estate
- 02
Fraude constatée entre 2016 et 2021 : gonflement des actifs, dissimulation des passifs et pots-de-vin pour contrôler des institutions financières
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Cinq autres dirigeants d'Evergrande condamnés en première instance à des peines allant de six à dix-huit ans de prison
ANALYSE
Rome, 21 août 2026. La presse italienne relaie sobrement le verdict rendu par le tribunal intermédiaire de Shenzhen : Xu Jiayin, fondateur d'Evergrande, condamné à l'emprisonnement à vie, à la révocation à vie de ses droits politiques et à la confiscation de l'intégralité de ses biens personnels. ANSA reprend les chiffres transmis par la télévision d'État chinoise CCTV : Evergrande écope d'une amende de 8,82 milliards de yuans, soit environ 1,3 milliard de dollars, tandis qu'Evergrande Real Estate devra s'acquitter de 7 milliards de yuans supplémentaires — un total avoisinant les 2,35 milliards de dollars.
Le tribunal a établi qu'entre 2016 et 2021, Evergrande, sa filiale immobilière et son fondateur avaient « gonflé les actifs et dissimulé les passifs » par des fraudes financières « continues et à grande échelle ». Les chefs retenus incluent la collecte illégale de dépôts, la fraude dans la levée de fonds, l'émission frauduleuse de titres et la divulgation irrégulière d'informations. Selon les juges, Xu aurait aussi versé des pots-de-vin pour prendre le contrôle d'institutions financières et obtenir illégalement des fonds de crédit et d'assurance. Cinq autres cadres dirigeants du groupe ont écopé de peines allant de six à dix-huit ans de réclusion.
La Repubblica, sous la plume de son correspondant Gianluca Modolo, retrace un parcours plus personnel : celui d'un homme « né très pauvre », devenu l'un des plus riches de Chine grâce au boom du béton, avant que son « château de dettes » ne s'effondre sous les resserrements réglementaires voulus par Xi Jinping. Le récit italien insiste sur la gravité soulignée par le tribunal — l'ampleur des sommes en jeu, les pertes économiques considérables et l'atteinte portée à l'ordre du marché — plus que sur les répercussions internationales du dossier, notamment pour les créanciers étrangers d'Evergrande, restées en retrait dans les deux articles consultés.
