ANGLE DOMINANT
Londres tire de la condamnation à vie de Xu Jiayin une leçon froide sur la solvabilité de la dette chinoise détenue par les marchés internationaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Hui Ka Yan, 67 ans, condamné à la prison à vie et à la confiscation de tout son patrimoine personnel après avoir plaidé coupable de huit chefs d'accusation en avril.
- 02
Evergrande Group est frappé d'une amende de 8,82 milliards de yuans (environ 960 millions de livres), sa filiale immobilière de 7 milliards de yuans supplémentaires.
- 03
Le groupe a fait défaut sur la quasi-totalité de ses 300 milliards de dollars de passifs, après avoir été radié de la Bourse de Hong Kong l'année précédente.
ANALYSE
Londres, 21 août 2026. La justice chinoise a tranché : Hui Ka Yan, aussi connu sous le nom de Xu Jiayin, fondateur d'Evergrande, est condamné à la prison à vie et voit l'intégralité de son patrimoine personnel confisquée. La BBC et The Guardian rapportent que le tribunal intermédiaire de Shenzhen a également infligé une amende de 8,82 milliards de yuans (environ 960 millions de livres) au groupe Evergrande, et de 7 milliards de yuans à sa filiale immobilière.
Âgé de 67 ans, Hui avait plaidé coupable en avril de huit chefs d'accusation : détournement de fonds, fraude au financement, collecte illégale de dépôts publics, octroi illégal de prêts, émission frauduleuse de titres et corruption. Le tribunal a jugé qu'entre 2016 et 2021, il avait « employé des méthodes de fraude financière massive et soutenue pour gonfler les actifs et dissimuler les passifs », des agissements ayant « perturbé gravement l'ordre de l'économie de marché socialiste ». Plus de cinquante personnes liées à Evergrande ont également été condamnées, avec des peines allant de vingt mois à dix-huit ans.
Pour la presse britannique, l'affaire dépasse le seul destin d'un homme jadis classé par Forbes comme le plus riche de Chine, avec une fortune estimée à 42,5 milliards de dollars en 2017. Evergrande, radiée de la Bourse de Hong Kong l'an dernier, a fait défaut sur la quasi-totalité de ses 300 milliards de dollars de passifs, dont une part significative est détenue par des créanciers et fonds internationaux, y compris britanniques. Les fonds prélevés auprès d'acquéreurs avant construction, selon le jugement, n'ont pas servi aux chantiers mais ont été détournés vers de nouveaux projets, laissant des centaines de programmes inachevés.
Londres y lit le solde judiciaire d'une crise déclenchée en 2020 par le durcissement de la dette imposé par Pékin au secteur immobilier, secteur qui pesait alors jusqu'à un tiers du PIB chinois. Reste, pour les observateurs financiers de la City, la question non résolue du recouvrement effectif pour les investisseurs étrangers, la confiscation des biens personnels de Hui restant sans effet direct sur le passif abyssal du groupe.
