ANGLE DOMINANT
Bruxelles dissèque la réception politique de l'allocution de Macron : un discours de fermeté sans réponse sociale, jugé insuffisant par la classe politique française à six mois de la présidentielle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Macron a dénoncé « des factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants » et promis la « transparence » sur le maintien de l'ordre (DH).
- 02
Alexandre Bompard (Fédération du commerce et de la distribution) évalue à 1.500 le nombre de commerçants directement touchés, pour « plusieurs centaines de millions d'euros » (DH).
- 03
Fabien Roussel, Marine Tondelier et Mathilde Panot regrettent l'absence de réponses sociales dans une allocution de huit minutes et demie (La Libre Belgique).
ANALYSE
Bruxelles, 18 octobre 2026. Dimanche soir, Emmanuel Macron s'est adressé aux Français au lendemain de la journée de manifestation du samedi 17 octobre, qui s'est soldée par des débordements dans de nombreuses villes. La Dernière Heure retient sa formule d'ouverture : « Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte », et sa dénonciation de « factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants ». Le président a affirmé que « ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser », tout en distinguant « les manifestants aux revendications légitimes » des casseurs.
La presse belge note aussi les promesses de « transparence » sur la stratégie de maintien de l'ordre : le chef de l'État a demandé au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de « tirer toutes les leçons ». Les préfets pourront interdire certains rassemblements, et le Premier ministre Sébastien Lecornu réunira « dans les prochains jours » partis, syndicats, organisations étudiantes, collectivités et parlementaires pour « construire » des solutions aux revendications sociales. La DH rapporte que plusieurs dirigeants d'opposition réclament la démission du locataire de Beauvau.
L'essentiel du traitement belge porte sur l'accueil réservé au discours. La Libre Belgique et la DH titrent sur une classe politique qui n'est pas convaincue : « Lamentable », « Il parle pour ne rien dire », « Irresponsable ». Fabien Roussel regrette qu'en huit minutes et demie, le président n'ait apporté aucune réponse contre la vie chère. Marine Tondelier salue la distinction entre manifestants et casseurs, mais se dit « très déçue » que ne soient pas évoquées deux personnes grièvement blessées, à Saint-Étienne et à Mulhouse. Mathilde Panot dénonce l'absence de réponse aux revendications.
Le volet matériel est documenté par le patron de la Fédération du commerce et de la distribution, Alexandre Bompard, qui évoque sur LCI 1.500 commerçants directement touchés et « plusieurs centaines de millions d'euros » de dégâts. La DH relate aussi de nouveaux affrontements dimanche place de la République à Paris, où la CRS 8 a été déployée un deuxième jour d'affilée après un rassemblement non déclaré.
La dimension internationale n'est qu'un aparté : La Libre cite Donald Trump, qui écrit sur Truth Social « La France brûle ! » et attribue les émeutes à l'immigration. Elle rappelle que Macron maintient son déplacement de lundi à mercredi dans quatre pays du Golfe.
SOURCES (2)
- La Libre BelgiqueMOYEN
- DH (Dernière Heure)MOYEN
