ANGLE DOMINANT
Kyiv décrypte l'allocution de Macron comme un test de pouvoir intérieur : un président en fin de mandat, qui désigne l'ultragauche et promet la fermeté sans répondre à la colère sociale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, 1 800 personnes ont été arrêtées après les manifestations, dont 557 en garde à vue à Paris après un nombre « record » d'arrestations.
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Environ 1 500 commerces ont été touchés, avec des pertes de plusieurs centaines de millions d'euros selon la Fédération du commerce et de la distribution.
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Dans son allocution, Macron a dénoncé des émeutiers d'ultragauche, laissé aux préfets la possibilité d'interdire des rassemblements et reconnu la légitimité des inquiétudes sur la vie chère.
ANALYSE
Kyiv, 18 octobre 2026. La presse ukrainienne suit les émeutes françaises par le prisme de la fragilité politique d'Emmanuel Macron. Le Kyiv Post, reprenant l'AFP, écrit que la France était « sonnée » dimanche par les violences de la veille : 1 800 personnes arrêtées, un hôtel de ville historique incendié, des pillages généralisés. Un habitant de 78 ans du centre de Paris, Mehmet Ozeden, dit à l'AFP : « C'est comme si on avait eu la guerre. » Le média relève que la secousse « relève les enjeux » pour un président dans ses derniers mois de pouvoir, à six mois de l'élection qui doit lui désigner un successeur, après des semaines de manifestations étudiantes parfois violentes.
Le bilan matériel occupe une place importante. Selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, 1 800 interpellations ont eu lieu ; à Paris, 557 personnes étaient en garde à vue après un nombre « record » d'arrestations. La vice-maire de Paris Lamia El Aaraje évoque un niveau de violence « jamais vu ». Environ 1 500 commerces ont été touchés, pour des pertes estimées à plusieurs centaines de millions d'euros par la Fédération du commerce et de la distribution, dont le président Alexandre Bompard demande une accélération des indemnisations d'assurance. Un décès survenu lors de la marche parisienne est présenté, selon les autorités, comme d'origine médicale et sans lien avec les violences.
Ukrinform, depuis son correspondant, rapporte l'allocution télévisée de dimanche soir. Macron y accuse des émeutiers issus de l'ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants, cite les incendies de l'hôtel de ville de Limoges et de l'office du tourisme de Lyon, l'intrusion à la mairie de Marseille et l'attaque de la résidence du préfet à Bordeaux, et martèle qu'il n'y a « ni justification, ni explication, ni excuse ». « Ceux qui ont voulu renverser la République devront en répondre », dit-il. Il charge le gouvernement de tirer les leçons en matière de renseignement et de détection précoce, et laisse aux préfets, avec les maires, la possibilité d'interdire certains rassemblements.
Ukrinform note aussi la distinction que le président demande de faire entre manifestants et casseurs, et son aveu que les inquiétudes sur la vie chère et le prix des carburants sont légitimes. Le Premier ministre, cité d'après Le Figaro, réclame l'examen accéléré d'un texte rendant les auteurs de destructions responsables des dommages : « Il n'est pas possible qu'une minorité casse tout pendant que les mêmes finissent toujours par payer. » Nuñez rappelle que manifester est un droit, pas l'émeute coordonnée. Les articles ukrainiens restent descriptifs et ne commentent ni les critiques de l'opposition ni la réaction internationale.
