ANGLE DOMINANT
Berlin scrute autant la recomposition chaotique de la droite brésilienne que l'âge du président sortant, candidat à un quatrième mandat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sondages : Lula à 48% des intentions de vote contre 43% pour Flávio Bolsonaro (ZEIT Online)
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Lula affirme être « en bien meilleure forme » qu'à 57 ans lors de sa première investiture (Tagesschau)
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Le congrès du Partido Liberal désignant Bolsonaro s'est tenu dans une salle à moitié vide, sans les ténors de la droite ni les pasteurs évangéliques (Handelsblatt)
ANALYSE
Berlin, 3 août 2026. Le Parti des travailleurs (PT) a officiellement désigné Luiz Inácio Lula da Silva candidat à la présidentielle d'octobre, lors d'un congrès à São Paulo devant environ 3 000 partisans brandissant le drapeau rouge du PT et des pancartes proclamant que « le Brésil n'abandonne pas ». À 80 ans, le chef de l'État brigue un quatrième mandat au total, un second consécutif, ce que la Constitution autorise. Il a assuré être « en bien meilleure forme » qu'à 57 ans, lors de sa première investiture, évoquant son entraînement physique quotidien. Son colistier Geraldo Alckmin devrait rester vice-président.
Sur le plan économique, Lula mise sur une réforme fiscale allégeant la charge des bas revenus et un programme d'effacement de dettes, tout en promettant de renforcer l'industrie de défense et de protéger les ressources minières stratégiques : « Ni les Chinois, ni les Américains, ni les Français ne toucheront à ces ressources », a-t-il lancé. Les sondages le donnent à 48% des intentions de vote, contre 43% pour son adversaire Flávio Bolsonaro, 45 ans.
Ce dernier, fils de l'ex-président Jair Bolsonaro — condamné à plus de 27 ans de prison pour tentative de coup d'État —, a été désigné candidat du Partido Liberal lors d'un congrès qui, selon Handelsblatt, s'est tenu dans une salle à moitié vide : ni les ténors de la droite ni les pasteurs évangéliques influents ne s'y sont déplacés. Une large partie du camp conservateur aurait préféré Tarcísio de Freitas, gouverneur de São Paulo, mais Bolsonaro senior avait tranché seul, dès décembre, sans concertation avec son propre parti.
Flávio Bolsonaro compte des soutiens internationaux de poids : le président argentin Javier Milei, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et des liens étroits entre la famille Bolsonaro et Donald Trump. Le scrutin est fixé au 4 octobre, avec un second tour possible le 25 octobre. La presse allemande y lit moins un duel de personnalités qu'un test pour une droite brésilienne fracturée, incapable de se rassembler derrière un seul nom, face à un sortant dont la popularité progresse depuis six mois malgré son âge.
