ANGLE DOMINANT
Lima mesure la crise Milei-Lula comme le symptôme d'une polarisation régionale susceptible de peser sur la présidentielle brésilienne d'octobre, sans que la diplomatie péruvienne ne prenne officiellement position.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Milei a déclaré dimanche à LN+ : « Es un ladrón, es un corrupto, fue condenado por ladrón y corrupto, estuvo preso », visant Lula
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Lula, 80 ans, a officialisé sa candidature à un quatrième mandat lors de la convention du PT à l'Expo Center Norte de São Paulo, aux côtés du vice-président Geraldo Alckmin
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Brasília a convoqué l'ambassadeur argentin pour signifier son rejet des « agressions » contre Lula et le juge Alexandre de Moraes, tandis que Buenos Aires avait rappelé son ambassadeur pour consultations
ANALYSE
Lima, 3 août 2026. Depuis la capitale péruvienne, la presse suit avec attention la querelle qui envenime les relations entre Buenos Aires et Brasília, à quelques semaines de la présidentielle brésilienne d'octobre. El Comercio Perú documente la nouvelle salve du président argentin Javier Milei contre son homologue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, qualifié dimanche de « voleur » et de « corrompu » lors d'une interview à LN+ : « C'est un voleur, c'est un corrompu, il a été condamné pour vol et corruption, il a été emprisonné, ce qui est également vrai du fait qu'il est un ancien détenu, et pas seulement cela, il a été libéré pour un vice de procédure, pas parce qu'il était innocent. » Ces propos, tenus une semaine après une première sortie qui avait déjà déclenché une crise diplomatique entre les deux géants sud-américains, ont conduit Brasília à convoquer l'ambassadeur argentin pour lui signifier son rejet face aux « agressions » visées contre Lula et le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes. Buenos Aires avait de son côté rappelé pour consultations son ambassadeur au Brésil.
Diario Correo relaie en parallèle l'officialisation, ce même dimanche, de la candidature de Lula à un quatrième mandat, lors de la convention nationale du Parti des travailleurs à l'Expo Center Norte de São Paulo. À 80 ans, le chef de l'État brésilien, qui se représente aux côtés du vice-président Geraldo Alckmin, ambitionne de devenir le premier président élu quatre fois au suffrage direct dans l'histoire du pays. Il a évoqué devant les militants un bilan jugé supérieur aux engagements de sa campagne précédente, et des priorités pour un nouveau mandat : hausse du budget de la défense, renforcement de l'éducation, programmes pour les personnes âgées et lutte contre les violences faites aux femmes.
Pour Lima, qui sort d'un cycle politique agité, l'épisode illustre combien la rivalité idéologique entre dirigeants sud-américains peut déborder sur le terrain diplomatique, jusqu'à provoquer rappels d'ambassadeurs et accusations frontales, à peine quelques mois avant un scrutin déterminant pour l'équilibre politique du continent.
