ANGLE DOMINANT
Brasília mesure l'ampleur d'une candidature hors norme : à 80 ans, Lula vise un quatrième mandat et 16 années cumulées au pouvoir, dans une campagne bâtie sur la peur de l'extrême droite et sur une droite qui peine à s'unir contre lui.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le PT a officialisé la candidature de Lula le 2 août au Expo Center Norte de São Paulo, avec Geraldo Alckmin (PSB) reconduit comme vice-président ; une victoire porterait Lula à 16 ans de présidence, juste derrière Getúlio Vargas.
- 02
Lula, 80 ans, a listé cinq priorités d'un quatrième mandat : éducation, programme pour les personnes âgées, industrie de défense, terres rares/minéraux critiques, transition énergétique.
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Les votes nuls et blancs au second tour sont passés de 9,6 % en 2018 à 4,6 % en 2022, une baisse que des chercheurs des universités UFSC et UFAL relient à l'acirrement de la polarisation Lula-Bolsonaro.
ANALYSE
Brasília, 3 août 2026. Au Expo Center Norte de São Paulo, le Parti des travailleurs a officialisé dimanche la candidature de Luiz Inácio Lula da Silva, avec Geraldo Alckmin (PSB) reconduit comme colistier. Une victoire porterait Lula à 16 ans de présidence cumulés, un total qui ne serait dépassé que par Getúlio Vargas, mais Lula serait le seul à y parvenir par trois élections directes distinctes. Devant les militants, le président sortant, 80 ans, s'est dit « en pleine forme » et a promis, une fois « l'essentiel acquis », de « donner un saut au-delà du basique » : éducation, programme pour les personnes âgées, industrie de défense, terres rares classées patrimoine national, transition énergétique. Comparant ses candidatures à des Coupes du monde, il a plaisanté : s'il gagne, il refusera de « disputer le penta ».
L'Estadão décrit une stratégie de campagne rodée, une « version 3.0 du nous contre eux », recentrée sur la souveraineté après les droits de douane imposés par Washington. Le défi reste le fort taux de rejet de Lula et l'abstention, qui avait atteint 32,2 millions d'électeurs en 2022 — un chiffre proche de l'électorat argentin de Javier Milei, qui qualifie régulièrement Lula de « voleur » et de dirigeant « sorti par un recours administratif », dans un climat de tension diplomatique persistante entre Brasília et Buenos Aires.
Face à lui, le sénateur Flávio Bolsonaro (PL), qui mise sur le soutien de Milei, peine à rassembler la droite. Une troisième candidature, celle de Renan Santos (parti Missão), a été lancée samedi avec des critiques frontales contre Flávio, qualifié de « farsante » et de « corrompu », et une ligne dure sur la sécurité, jusqu'à défendre l'idée de « tuer les voleurs ». Santos refuse l'étiquette de troisième voie, se présentant comme un candidat autonome.
Sur le fond du scrutin, UOL et Folha de S.Paulo relèvent une baisse continue des votes nuls et blancs à mesure que la polarisation Lula-Bolsonaro s'aiguise : le taux de votes invalides au second tour est passé de 9,6 % en 2018 à 4,6 % en 2022, plus bas niveau depuis l'urne électronique généralisée en 2002, selon des politologues des universités UFSC et UFAL. La chronique de l'ombudsman de Folha souligne par ailleurs une couverture médiatique parfois trop uniforme, entre l'enquête de la Police fédérale visant le fils de Lula pour trafic d'influence et la difficulté persistante de Flávio Bolsonaro auprès de l'électorat féminin.
SOURCES (6)
- UOL NotíciasMOYEN
- EstadãoMOYEN
- G1 Globo PolíticaMOYEN
- G1 Globo PolíticaMOYEN
- G1 Globo PolíticaMOYEN
- G1 Globo PolíticaMOYEN
