ANGLE DOMINANT
Quito distingue dans la candidature de Lula, 80 ans, un contrepoint régional face à la vague conservatrice qui a déjà submergé plusieurs gouvernements latino-américains, l'Équateur lui-même ayant viré à droite.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Lula, 80 ans, a officialisé dimanche 2 août sa candidature à un quatrième mandat lors d'une convention du PT à Sao Paulo, devant environ 3 000 partisans.
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Il affrontera Flávio Bolsonaro, 45 ans, sénateur et fils de l'ex-président Jair Bolsonaro, incarcéré depuis 2022 pour tentative de coup d'État.
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« Mientras yo viva la extrema derecha no volverá a gobernar » Brasil, a déclaré Lula, promettant aussi de « luchar contra la vejez ».
ANALYSE
Quito, 3 août 2026. Depuis la capitale équatorienne, où le virage à droite du gouvernement de Daniel Noboa s'est installé comme une donnée politique durable, l'annonce de Lula ce week-end à Sao Paulo prend une résonance particulière : elle rappelle qu'à 80 ans, l'ancien syndicaliste refuse de céder le terrain à la vague conservatrice qui a déjà emporté plusieurs gouvernements de la région. Officialisée dimanche lors d'une convention du Parti des travailleurs (PT) devant environ trois mille partisans, sa candidature à un quatrième mandat vise l'élection d'octobre face à Flávio Bolsonaro, 45 ans, sénateur et fils de l'ex-président Jair Bolsonaro, incarcéré depuis 2022 pour tentative de coup d'État.
Quito relève la proximité affichée entre Lula et des figures de gauche régionales comme l'Équatorien Rafael Correa, toujours influent au sein du courant correísta — un rappel que la polarisation gauche-droite qui traverse l'Équateur trouve un écho direct au Brésil. « Estoy muy entero », a lancé Lula, chemise décontractée et chapeau panama, avant d'ajouter, dans une formule reprise par la presse locale : « Quiero luchar contra la vejez... no quiero andar arrastrando las piernas. » Devant une foule brandissant des pancartes « Brasil no se entrega » et entonnant « Lula, guerrero del pueblo brasileño », il a promis que, tant qu'il vivra, l'extrême droite ne reviendra pas gouverner le Brésil.
Les médias équatoriens rapportent aussi les tensions de fond : la campagne s'ouvre sous l'ombre de Donald Trump, allié affiché des Bolsonaro et soutien de plusieurs candidats victorieux en Amérique latine. Sans le nommer, Lula a multiplié les références à la souveraineté et à la lutte contre « l'interventionnisme » étranger — un registre qui parle directement à un pays comme l'Équateur, traversé par ses propres débats sur l'influence de Washington. Le témoignage de Cristiane Rosa Julho, assistante sociale de 51 ans vêtue de rouge, disant que les politiques de Lula ont permis à sa famille d'accéder à la propriété « après huit générations dépossédées », illustre pour la presse locale la fidélité électorale que continue de générer le PT malgré l'âge de son leader.
Né le 27 octobre 1945 dans le dénuement du Nordeste brésilien, revenu au pouvoir en 2023 après ses deux premiers mandats (2003-2010), Lula dispute avec cette candidature sa septième élection présidentielle — un parcours que Quito lit comme un test grandeur nature de la résilience de la gauche latino-américaine face à une droite radicale en expansion sur le continent.
