ANGLE DOMINANT
Berlin mesure le prix de la survie de Merz : une position sécurisée au sommet du parti, une guerre ouverte à Magdebourg pour la présidence régionale, et une coalition sommée de tenir son cap de réformes malgré un électorat qui le rejette.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La CDU tombe à 17,2 % en Saxe-Anhalt, contre 37,1 % en 2021, tandis que l'AfD double son score à 43,8 %, selon la FAZ.
- 02
Sepp Müller, 37 ans, vice-président du groupe CDU/CSU au Bundestag, est candidat à la présidence de la CDU de Saxe-Anhalt, distincte de la présidence fédérale tenue par Merz.
- 03
Merz a appelé dès dimanche soir les ministres-présidents CDU (Wüst, Rhein, Schnieder) pour sécuriser sa position, sans qu'aucun ne laisse transparaître de doute sur sa loyauté, selon la FAZ.
ANALYSE
Berlin, 8 septembre 2026. Berlin dissèque une défaite que Friedrich Merz qualifie lui-même de « plus lourde » subie par la CDU « depuis des décennies ». Lundi, dans le hall du Konrad-Adenauer-Haus, le chancelier n'a rien enjolivé : « Nous sommes tous profondément choqués », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que « quelque chose a changé non seulement en Saxe-Anhalt, mais dans toute l'Allemagne ». La CDU, qui dirigeait ce Land depuis 24 ans, s'effondre à 17,2 % selon la FAZ — contre 37,1 % en 2021 — pendant que l'AfD double son score à 43,8 %.
La FAZ résume l'urgence du chancelier en deux temps : « sécuriser sa position », condition pour « maintenir la coalition et poursuivre son cap de réformes ». Dès dimanche soir, Merz a appelé les ministres-présidents CDU les plus puissants — Hendrik Wüst, Boris Rhein, Gordon Schnieder — pour consolider son socle. Selon la FAZ, aucun d'eux n'a laissé transparaître le moindre doute sur sa loyauté ; les questions de personnes n'ont pas été abordées en réunion de présidium.
À Magdebourg, en revanche, la bataille est ouverte. Le ministre-président sortant Sven Schulze a annoncé un renouvellement complet de la direction régionale en novembre ou décembre, sans se représenter lui-même. Sepp Müller, 37 ans, vice-président du groupe CDU/CSU au Bundestag, a aussitôt annoncé sa candidature à la présidence de la CDU de Saxe-Anhalt — une fonction distincte de la présidence fédérale que détient Merz. Sa ligne : « Il ne peut y avoir de coopération avec l'extrême gauche, et il ne peut y avoir de coopération avec l'extrême droite. » Il a résumé son rejet de toute ambiguïté par une formule jouant sur les mots, intraduisible littéralement : qui reste ouvert à tous les côtés à la fois, dit-il en substance, n'a pas les idées bien en place. Merz, sans le nommer, lui avait reproché publiquement d'avoir « planté un couteau dans le dos » de Schulze trois jours avant le scrutin. Müller a répliqué ne pas partager « l'appréciation » du président fédéral, tout en assurant à Merz son soutien sur les réformes à venir.
Cette querelle personnelle recouvre un problème plus vaste : la coalition noire-rouge. Selon la FAZ, le SPD laisse entendre qu'il pourrait rouvrir le dossier de la retraite sans décote après 45 ans de cotisations, que la coalition voulait supprimer. Thorsten Frei, chef du groupe CDU/CSU proche de Merz, a averti que la coalition ne devait tirer « aucune conclusion erronée » du scrutin. Merz, lui, a promis lundi soir de poursuivre le cap fixé, jugeant qu'« abandonner n'est pas une option ».
