ANGLE DOMINANT
La Suisse mesure la solidité de Friedrich Merz à l'aune des chancelleries tombées brutalement, entre promesse de maintenir le cap des réformes et deux scrutins-tests le 20 septembre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Merz a qualifié le scrutin de « plus lourde défaite » subie par la CDU « depuis des années, depuis des décennies » (Le Temps, SRF).
- 02
Selon un sondage de sortie des urnes de l'ARD cité par SRF, 60 % des électeurs de l'AfD en Saxe-Anhalt n'auraient « rien à voir avec l'extrémisme de droite ».
- 03
Alice Weidel vise désormais « au moins 40 % » aux prochaines législatives fédérales et affirme que la CDU/CSU « ne gagnera plus jamais » d'élection au Bundestag (SRF).
ANALYSE
Berne, 8 septembre 2026. Vu de Suisse, l'image retenue est celle d'un chancelier qui encaisse sans être renversé — pour l'instant. Face à la presse à Berlin, Friedrich Merz s'est dit « profondément choqué » par la victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt, qualifiant le scrutin de « plus lourde défaite » subie par la CDU « depuis des années, depuis des décennies ». Selon Le Temps, il a exclu toute démission, rappelant avoir été « élu pour quatre ans » : « Abandonner n'est pas une option. » Il a reconnu une part de responsabilité personnelle — « Cela nous fait quelque chose, à moi aussi » — et prévenu que « l'ensemble aura forcément des conséquences ».
La chaîne alémanique SRF pousse l'analyse plus loin, dans un commentaire titré « Friedrich Merz et le début de la fin d'une chancellerie ? ». Elle rappelle que des mandats se sont achevés brutalement — Schröder en 2005, Scholz en 2024 — et que Merz, affaibli par une sortie récente où il avait qualifié une pédiatre de « profiteuse » du système de santé, peine à incarner l'empathie qu'attend un électorat éprouvé par le prix de l'essence. SRF cite un sondage de sortie des urnes de l'ARD : 60 % des électeurs de l'AfD en Saxe-Anhalt n'auraient « rien à voir avec l'extrémisme de droite », un vote de protestation contre Berlin plus qu'une adhésion idéologique.
Pour la Suisse, l'enjeu immédiat dépasse l'arithmétique régionale : c'est la survie d'une coalition noire-rouge déjà divisée sur ses réformes, dont le sort se rejoue dès le 20 septembre en Mecklembourg-Poméranie-occidentale, où l'AfD est donnée favorite, et à Berlin, où CDU et extrêmes sont au coude-à-coude. Le dirigeant CDU battu en Saxe-Anhalt, Sven Schulze, a lui-même reconnu que l'AfD dispose désormais d'un « mandat pour gouverner ». Merz promet de préserver « l'ordre politique » du pays et assure que « nos institutions sont solides et capables de se défendre ». En face, la co-présidente de l'AfD Alice Weidel a revu ses ambitions nationales à la hausse, visant « au moins 40 % » aux prochaines législatives, certaine que « la CDU/CSU ne gagnera plus jamais » d'élection fédérale.
