ANGLE DOMINANT
Alger pleure un « bâtisseur arabe » et rappelle le rôle central du Qatar, via Al Jazeera, dans la défense des causes arabes défendue par Tebboune.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani est mort dimanche 12 juillet à l'âge de 74 ans, après avoir dirigé le Qatar de 1995 à 2013
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Le président Abdelmadjid Tebboune a adressé ses condoléances, saluant un dirigeant arabe reconnu pour sa sagesse et ses contributions aux causes arabes
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C'est sous son règne qu'a été lancée la chaîne Al Jazeera, en 1996
ANALYSE
Alger, 13 juillet 2026. La disparition de Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, mort dimanche à l'âge de 74 ans après avoir dirigé le Qatar de 1995 à 2013, résonne à Alger comme la perte d'un partenaire arabe de premier plan. Le président Abdelmadjid Tebboune a adressé ses condoléances à l'émir actuel, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, décrivant son prédécesseur comme un souverain qui « aimait l'Algérie » et un « grand bâtisseur » de l'État qatari. Dans son message, le chef de l'État algérien salue « un dirigeant arabe reconnu pour sa sagesse et pour toutes ses contributions en faveur des causes arabes », rappelant la trajectoire d'un homme qui a hérité, en déposant son père Cheikh Khalifa, d'un pays aux caisses vides avant d'en faire un acteur régional riche et influent.
Pour l'opinion algérienne, largement abonnée à la chaîne qatarie, l'héritage le plus tangible de l'émir défunt reste le lancement d'Al Jazeera en 1996, média qui a profondément transformé le rapport à l'information dans le monde arabe et au Maghreb. Cette dimension médiatique nourrit une bonne partie de l'hommage relayé depuis Alger, où le rôle du Qatar comme relais des « causes arabes » — formule reprise par Tebboune — est associé à la diplomatie de la chaîne autant qu'à celle de l'émirat.
Le deuil national de quatre jours décrété à Doha, drapeaux en berne, et les trois journées de condoléances organisées au palais de Lusail par l'émir Tamim ont été largement relayés par la presse algérienne, qui a aussi rapporté l'hommage de la veuve de l'émir défunt, Cheikha Moza bent Nasser, qualifiant son époux de « leader historique » et de bâtisseur des « gloires » du Qatar moderne. La présence, parmi les personnalités venues présenter leurs condoléances, de chefs d'État et de premiers ministres — dont le Rwandais Paul Kagame, le Pakistanais Shehbaz Sharif et le Libanais Nawaf Salam — est présentée comme la preuve du rayonnement international bâti par l'ancien émir.
Le message présidentiel algérien, qui insiste sur les « liens forts » tissés avec l'émir Tamim, s'inscrit dans la continuité des relations diplomatiques qu'Alger entretient avec Doha, sans s'attarder sur les controverses régionales qui ont pu accompagner, par le passé, la politique étrangère qatarie ou l'influence d'Al Jazeera dans certains dossiers arabes.
