ANGLE DOMINANT
Jakarta salue la mémoire de l'ancien émir du Qatar Cheikh Hamad, artisan de la puissance diplomatique qatarie, en insistant sur son soutien historique à la cause palestinienne à Gaza.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère indonésien des Affaires étrangères (Kemlu) a annoncé sur X présenter ses condoléances à l'émir Tamim, à la famille royale Al-Thani et au peuple du Qatar.
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Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani a dirigé le Qatar de 1995 à 2013, transformant l'émirat en acteur diplomatique majeur du Golfe avant de céder le pouvoir à son fils Tamim.
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En octobre 2012, Cheikh Hamad s'était rendu à Gaza en pleine période de blocus israélien ; le responsable du Hamas Khaled Meshaal l'a qualifié de premier dirigeant arabe et musulman à effectuer cette visite.
ANALYSE
Jakarta, 13 juillet 2026. La mort de l'ancien émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, à l'âge de 74 ans, a suscité une réaction officielle rapide du plus grand pays musulman du monde. Dimanche, le ministère indonésien des Affaires étrangères (Kemlu) a annoncé sur X présenter « ses condoléances les plus profondes » à l'occasion du décès de « Son Altesse le Père Émir de l'État du Qatar ». Le message, publié depuis Jakarta, s'adresse directement à l'émir actuel Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, fils du défunt, ainsi qu'à l'ensemble de la famille royale Al-Thani, au gouvernement et au peuple qatari, « en ce moment de profonde tristesse ».
L'annonce du décès avait été faite plus tôt dans la journée par le Diwan émiri, le cabinet officiel de l'émir, cité par Al Jazeera : « Le cœur ferme dans la foi en la volonté et le destin de Dieu, le Diwan émiri pleure la grande perte que représente pour la nation [...] Son Altesse feu l'Amir Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani. » Une période de deuil national de quatre jours a été décrétée, et les funérailles, conformes à la tradition islamique, devaient se tenir le jour même dans un cimetière de Lusail après la prière du crépuscule.
Pour la diplomatie indonésienne, l'hommage rendu à Cheikh Hamad dépasse le protocole. Souverain du Qatar de 1995 à 2013, il est présenté par la presse jakartanaise comme la figure ayant transformé, en moins de deux décennies, un petit émirat gazier en acteur diplomatique majeur du Golfe, avant de céder le pouvoir à son fils. Son bilan retient aussi, côté médias indonésiens, un épisode précis : sa visite à Gaza en octobre 2012, en pleine période de blocus israélien, qui avait permis de briser l'isolement imposé au territoire palestinien. Le chef du bureau diaspora du Hamas, Khaled Meshaal, cité par Al Jazeera et repris à Jakarta, avait salué en lui « le premier dirigeant arabe et musulman à visiter Gaza », un homme « intelligent, courageux et de principes ». Un ancien responsable de la rédaction d'Al Jazeera Arabic évoque de son côté un « amour particulier pour la Palestine ».
Cette double lecture, diplomatique et humaine, reflète les liens que Jakarta entretient avec Doha, à la fois partenaires économiques du Golfe et voix engagées, dans le monde musulman, sur la cause palestinienne.
