ANGLE DOMINANT
Paris décrypte une visite secrète révélatrice d'un malaise diplomatique entre Jérusalem et Abou Dhabi, sur fond d'accusations autour du 7-Octobre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Mohammed Ben Zayed a reçu Nétanyahou dimanche 27 septembre, rencontre confirmée par les deux pays lundi 28 septembre
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Selon des médias israéliens, Nétanyahou se serait rendu aux Émirats pour demander à Ben Zayed de nier l'avoir averti d'une opération du Hamas avant le 7 octobre 2023
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Le Shin Bet a porté plainte contre une chaîne de télévision ayant révélé la visite non annoncée, avant même sa confirmation officielle
ANALYSE
Paris, 29 septembre 2026. Confirmée lundi 28 septembre par Jérusalem et Abou Dhabi, la rencontre du dimanche 27 septembre entre Mohammed Ben Zayed et Benyamin Nétanyahou n'a rien d'anodin : elle intervient au cœur d'une polémique sur ce que les Émirats auraient su avant le 7 octobre 2023. Selon des révélations parues début septembre, Abou Dhabi aurait averti le premier ministre israélien d'une possible opération du Hamas peu avant les attaques, avertissement que Nétanyahou n'aurait pas transmis à ses services de sécurité. Le chef du gouvernement israélien dément « l'existence d'une telle mise en garde ». Les Émirats, pour leur part, se sont bornés à déclarer qu'ils « ne comment[aient] pas les informations parues dans la presse ou les spéculations sur les conversations entre dirigeants ».
Selon plusieurs médias israéliens, Nétanyahou se serait rendu à Abou Dhabi pour demander à Mohammed Ben Zayed de nier publiquement avoir formulé cet avertissement en 2023 — une demande que ni Jérusalem ni Abou Dhabi n'ont confirmée. Leurs communiqués restent, au contraire, d'une prudence diplomatique classique : l'agence WAM rapporte que « les deux parties ont discuté des relations bilatérales entre les Émirats arabes unis et Israël ainsi que des moyens de les renforcer et de les développer », tandis que le bureau du premier ministre israélien assure que « la visite s'est concentrée sur le renforcement des relations entre les deux pays et sur les défis régionaux ».
Autre signe de tension révélé le même jour : avant même la confirmation officielle du déplacement, le Shin Bet, service de sécurité intérieure israélien, a porté plainte contre une chaîne de télévision ayant révélé cette visite non annoncée. Qu'un déplacement diplomatique de cette nature ait exigé un tel niveau de discrétion, avant d'être confirmé du bout des lèvres par les deux capitales, dit la fragilité du moment que traverse la relation israélo-émiratie, nouée sous les accords d'Abraham.
Ce climat s'inscrit dans un calendrier électoral serré : un sondage cité par France 24 place, à un mois du scrutin du 27 octobre, le bloc d'opposition mené par le parti Yashar de Gadi Eisenkot à égalité avec la coalition de Nétanyahou, les quatre principaux partis d'opposition s'étant engagés à unir leurs forces.
