ANGLE DOMINANT
Moscou décrypte le recours systématique de Nétanyahou aux poursuites judiciaires pour étouffer les révélations sur les alertes reçues avant le 7 octobre, plutôt que pour y répondre sur le fond.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Nétanyahou a rencontré le président Mohammed ben Zayed pendant environ une heure à Abou Dabi dimanche 27 septembre, selon des sources citées par l'AP et reprises par RT.
- 02
Nétanyahou a donné instruction de poursuivre en diffamation Haaretz ainsi que les auteurs du rapport, cité par le Wall Street Journal, sur les avertissements égyptiens transmis par Abbas Kamel, selon TASS.
- 03
Un audit conjoint des relevés téléphoniques mené par le cabinet, le conseil de sécurité nationale et le secrétariat militaire n'a trouvé, selon le bureau de Nétanyahou cité par TASS, aucune trace de l'appel allégué de bin Zayed.
ANALYSE
Moscou, 29 septembre 2026. La presse russe traite la visite secrète de Benyamin Nétanyahou aux Émirats arabes unis comme le dernier épisode d'une offensive judiciaire menée par le premier ministre israélien pour étouffer les révélations sur les alertes reçues avant l'attaque du 7 octobre 2023. Selon RT, qui cite l'agence AP, Nétanyahou s'est envolé en secret pour Abou Dabi dimanche 27 septembre et a rencontré le président Mohammed ben Zayed pendant environ une heure, avec pour but affiché de lui demander de démentir l'avoir averti, dix jours avant l'attaque, que Yahya Sinwar préparait « une opération d'envergure ». Cette version, révélée par le quotidien Haaretz, a valu au journal une plainte pour diffamation ordonnée par Nétanyahou, rapporte RT. Le bureau du premier ministre qualifie l'accusation de « mensonge absolu » et affirme qu'un audit conjoint des relevés téléphoniques, mené par le cabinet, le conseil de sécurité nationale et le secrétariat militaire, n'a trouvé aucune trace d'un tel appel.
TASS élargit le tableau : Nétanyahou a aussi donné instruction de poursuivre en diffamation les auteurs d'un rapport, cité par le Wall Street Journal, selon lequel l'Égypte aurait transmis au moins trois avertissements avant le 7 octobre, dont un par l'ex-chef du renseignement Abbas Kamel. Le communiqué du bureau du premier ministre, repris par TASS, affirme que Nétanyahou « n'a ni rencontré ni parlé » avec Kamel dans les mois précédant l'attaque. RIA Novosti, citant l'agence émiratie WAM, rapporte la version officielle du déplacement : un entretien consacré au renforcement des relations bilatérales et aux défis régionaux, le bureau de Nétanyahou qualifiant par ailleurs les articles de l'AP de « fausses nouvelles ».
RT relève un procédé similaire ailleurs : Nétanyahou prépare aussi un dossier auprès de la Cour pénale internationale contre le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu'il a qualifié de « dictateur antisémite », dans un différend où Ankara a demandé une notice rouge d'Interpol contre lui. Pour la presse russe, cette double procédure - plaintes contre des journaux, dossier contre Erdogan - dessine une même stratégie : répondre aux accusations de manquement du renseignement avant le 7 octobre par la voie judiciaire plutôt que par une commission d'enquête, à un mois des législatives du 27 octobre.
SOURCES (4)
- SputnikMOYEN
- RIA NovostiMOYEN
