ANGLE DOMINANT
Stockholm mesure combien les révélations sur les alertes d'avant le 7 octobre fragilisent Netanyahou à un mois d'un scrutin législatif serré.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Netanyahu n'a pas briefé les responsables sécuritaires israéliens après l'appel du président émirati Mohammed ben Zayed du 23 septembre 2023, selon Haaretz.
- 02
Netanyahu s'est rendu en secret à Abou Dhabi dimanche 27 septembre et a rencontré ben Zayed environ une heure, selon AP et la chaîne Keshet 12.
- 03
Le Wall Street Journal rapporte trois avertissements égyptiens à l'automne 2023, dont un appel personnel du chef du renseignement Abbas Kamel à Netanyahu.
ANALYSE
Stockholm, 29 septembre 2026. La presse suédoise reprend une information venue d'Israël : Benyamin Nétanyahou n'aurait pas informé les responsables sécuritaires du pays après un appel du président émirati Mohammed ben Zayed reçu le 23 septembre 2023, selon le quotidien israélien Haaretz. Svenska Dagbladet et Aftonbladet, citant l'agence AP et la chaîne Keshet 12 (Channel 12), rapportent que Nétanyahou s'est ensuite rendu en secret ce dimanche 27 septembre à Abou Dhabi, où il a rencontré ben Zayed pendant environ une heure.
Selon une source citée, l'entretien a porté précisément sur la publication de Haaretz : Nétanyahou aurait demandé à ben Zayed de démentir les informations sur cet avertissement, une demande que son propre cabinet qualifie de « mensonge absolu ». En parallèle, le Wall Street Journal rapporte que l'Égypte a alerté Israël pas moins de trois fois à l'automne 2023 sur une attaque imminente depuis Gaza ; lors du dernier avertissement, le chef du renseignement égyptien Abbas Kamel aurait appelé personnellement Nétanyahou.
Pour la presse suédoise, ces révélations tombent au pire moment pour le premier ministre. À un mois d'un scrutin législatif fixé au 27 octobre — le premier depuis l'attaque du Hamas et les guerres qui ont suivi à Gaza, au Liban et face à l'Iran —, elles sont jugées embarrassantes pour le dirigeant du Likoud, déjà critiqué pour sa gestion de la guerre à Gaza. Les sondages cités décrivent un scrutin qui s'annonce très serré, un gouvernement de droite sous pression de l'opposition.
Les articles rappellent aussi une critique récurrente adressée à Nétanyahou : celle d'avoir, selon ses détracteurs, cherché à escalader les conflits et à polariser le débat pour se présenter comme le défenseur d'Israël. Le rappel des chiffres du 7 octobre 2023 — plus de 1 100 morts en Israël, en majorité des civils non armés, et près de 250 otages, dont des enfants — ancre l'enjeu politique dans la mémoire de l'attaque elle-même.
Aucun des deux articles suédois ne mentionne de réaction officielle d'Abou Dhabi ni de commentaire du gouvernement suédois sur l'affaire ; la couverture, identique dans les deux titres, se concentre sur le calendrier électoral israélien plutôt que sur la relation diplomatique israélo-émiratie ou sur le fond de l'enquête sur l'échec du renseignement.
