ANGLE DOMINANT
Berlin cadre la crise du détroit d'Ormuz comme un bras de fer économique aux conséquences globales, où ni Washington ni Téhéran ne semble prêt à céder, au risque d'embraser une région entière.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'Iran perd environ 435 millions de dollars par jour, pour un total estimé à 17 milliards de pertes en 39 jours de blocus naval américain (source : FDD/Miad Maleki)
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L'Iran facture jusqu'à 2 millions de dollars le passage dans le détroit d'Ormuz, en violation du droit maritime international
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La médiation du chef d'état-major pakistanais Asim Munir à Téhéran s'appuie sur un mémorandum d'une page coparrainé par les États-Unis et l'ONU pour rouvrir le détroit
ANALYSE
Berlin, 22 mai 2026. Depuis Deutsche Welle, le regard allemand sur la crise du détroit d'Ormuz est celui d'un observateur attentif aux équilibres économiques et aux risques d'escalade. Le média public international formule la situation en termes d'endurance : qui, de Washington ou de Téhéran, cèdera en premier ?
Le constat de départ est sévère. Le standoff, qualifié de « bloqué, dysfonctionnel et dangereux », entre dans son quatrième mois. Deux blocus se font face : l'Iran facture jusqu'à 2 millions de dollars — environ 1,73 million d'euros — pour autoriser le passage de navires dans le détroit, tandis que les États-Unis ont imposé un embargo naval repoussant les pétroliers iraniens. Résultat : une impasse où chaque camp estime avoir le temps pour lui.
Les chiffres mis en avant par DW sont éloquents. Selon Miad Maleki, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties (FDD) à Washington, l'Iran perd quelque 435 millions de dollars par jour de commerce, dont les deux tiers proviennent des exportations pétrolières. Au bout de 39 jours de blocus américain, les finances publiques iraniennes auraient déjà encaissé environ 17 milliards de dollars de pertes — auxquels s'ajoutent 144 milliards de dommages causés par les frappes américano-israéliennes lors des premières semaines du conflit. Burcu Ozcelik, chercheuse au Royal United Services Institute (RUSI) de Londres, l'affirme sans détour : « Malgré la rhétorique de Téhéran sur la résilience du régime, son économie n'est pas à l'épreuve d'un blocus. »
Mais la pression n'est pas unilatérale. Donald Trump fait face à des contraintes croissantes : la hausse des prix du pétrole alimente l'inflation domestique, et les élections de mi-mandat de novembre renforcent le coût politique de toute escalade militaire. Dania Thafer, directrice exécutive du Gulf International Forum (GIF) à Washington, estime que les menaces militaires intermittentes de Trump ont pu se retourner contre lui : « La réponse iranienne suggère le contraire, dit-elle à DW. Ils interprètent cela comme un manque de volonté américaine d'escalader la guerre. »
La médiation pakistanaise — portée par le chef d'état-major Asim Munir, arrivé à Téhéran — et un mémorandum d'une page proposé conjointement par les États-Unis et l'ONU pour rouvrir Ormuz sans péages iraniens ni revendications de contrôle, sont présentés comme les seules voies de sortie disponibles. Les États du Golfe, exposés économiquement et peu enclins au risque, soutiennent activement ces initiatives. En privé, ils avertissent qu'un conflit gelé compromettrait leurs plans de diversification économique, financés à coups de centaines de milliards de dollars.
SOURCES (1)
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