ANGLE DOMINANT
Buenos Aires décrypte l'accord par ses effets immédiats sur les prix du pétrole et relève l'écart entre les 65 milliards de barils annoncés par Trump et les 90 milliards cités par Axios.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a annoncé l'accord vendredi sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale », avec un contrôle majoritaire sur plus de 65 milliards de barils de réserves prouvées.
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Selon Axios, cité par MercoPress et le Buenos Aires Times, les négociations portaient sur une douzaine de gisements totalisant 90 milliards de barils, environ un tiers des 300 milliards de réserves certifiées du Venezuela.
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Ámbito calcule qu'au rythme de production record de 1,23 million de barils par jour annoncé cette semaine par le Venezuela, il faudrait 145 ans pour livrer les 65 milliards de barils aux États-Unis.
ANALYSE
Buenos Aires, 29 août 2026. Vendredi soir, Donald Trump a annoncé sur son réseau social la signature de ce qu'il présente comme « le plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale » avec le Venezuela, assurant que les États-Unis ont obtenu le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves prouvées, « sans aucun coût pour le contribuable américain ». L'accord, négocié par le secrétaire d'État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez, a été confirmé côté vénézuélien.
La presse argentine lit d'abord l'annonce à travers ses répercussions immédiates sur les marchés. Ámbito relève que le Brent a clôturé en hausse de 2,1 %, à 89,70 dollars, et le WTI à 83,53 dollars, dans un contexte déjà tendu par le conflit en Iran et les restrictions de transit par le détroit d'Ormuz. Le média souligne aussi que le Venezuela avait annoncé cette même semaine une production record de 1,23 million de barils par jour — un rythme auquel il faudrait 145 ans pour livrer aux États-Unis les 65 milliards de barils promis.
Le Buenos Aires Times et MercoPress pointent en outre un écart chiffré : Axios évoquait jeudi une négociation portant sur une douzaine de gisements totalisant 90 milliards de barils, environ un tiers des 300 milliards de réserves totales certifiées par Caracas — contre les 65 milliards avancés par Trump et le gouvernement vénézuélien. MercoPress détaille le montage : une coentreprise avec un opérateur privé non identifié, des concessions de cent ans sur des champs contenant 63 milliards de barils, et un contrôle américain de 55 % de la production effective, faisant de la nouvelle entité le deuxième détenteur mondial de réserves prouvées après l'Aramco saoudienne. Chevron et Halliburton seraient impliqués, selon le Wall Street Journal.
MercoPress relie aussi la manœuvre à une série de prises de participation américaines dans des entreprises stratégiques — Intel, MP Materials, Lithium Americas — assimilée à une doctrine dite « Donroe » d'affirmation de l'influence de Washington dans l'hémisphère, alors que Caracas envisagerait même de quitter l'OPEP, qu'elle a pourtant contribué à fonder en 1960.
Les articles argentins situent enfin l'accord dans le calendrier intérieur américain — à deux mois des midterms, essence à plus de 4 dollars le gallon et réserve stratégique au plus bas depuis les années 1980 — et rappellent la crise vénézuélienne : inflation annuelle d'environ 600 %, revenu minimum de 240 dollars ne couvrant pas la moitié d'un panier de base à plus de 500 dollars.
SOURCES (3)
- Buenos Aires TimesMOYEN
- MercoPressMOYEN
- AmbitoMOYEN
