ANGLE DOMINANT
Mexico décortique l'accord comme une cession de souveraineté inédite : un bureau du Pentagone, pas une compagnie pétrolière, négociant une concession sur des gisements étrangers.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un projet d'accord prévoirait une concession de 100 ans accordée aux États-Unis, négociée via l'Office of Strategic Capital du Pentagone et l'homme d'affaires Alejandro Betancourt (El Financiero/Bloomberg)
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Les discussions portent sur jusqu'à 17 gisements dans les bassins hydrocarbures vénézuéliens, dont la zone de Junín (ceinture de l'Orénoque) et le lac de Maracaibo
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L'économiste Ricardo Hausmann, ex-ministre vénézuélien de la Planification, qualifie l'accord d'inconstitutionnel car négocié par un « gouvernement intérimaire illégitime »
ANALYSE
Mexico, 29 août 2026. La presse mexicaine dissèque l'accord annoncé par Donald Trump comme une opération inhabituelle, où c'est un bureau du Pentagone, et non une compagnie pétrolière, qui négocierait le contrôle direct de gisements étrangers. Selon El Financiero, qui cite des informations de Bloomberg, les discussions portent sur jusqu'à 17 gisements couvrant les principaux bassins hydrocarbures du Venezuela, avec pour interlocuteur l'homme d'affaires vénézuélien controversé Alejandro Betancourt, devenu intermédiaire clé entre Washington et Caracas. L'organe pressenti pour superviser l'investissement côté américain serait l'Office of Strategic Capital (OSC) du département de la Défense, créé en 2022 sous l'administration Biden pour développer des technologies critiques avec du capital privé — un instrument qui, souligne le quotidien, ne dispose d'aucun pouvoir explicite pour acquérir des participations directes dans des projets, contrairement à la Development Finance Corporation créée par le Congrès à cet effet.
Un des scénarios évoqués prévoirait une concession de 100 ans en faveur des États-Unis. Les champs discutés incluent la zone de Junín, dans la ceinture de brut lourd de l'Orénoque, et les gisements autour du lac de Maracaibo, berceau historique de l'industrie pétrolière vénézuélienne. Depuis la capture de l'ex-président Nicolás Maduro en janvier et son remplacement par Delcy Rodríguez, Trump pousse à la reconstruction du secteur, dont Washington supervise déjà de fait les exportations après avoir assoupli les sanctions pour les entreprises américaines — même si la production n'a progressé que marginalement.
El Financiero relaie les doutes de juristes des deux pays. Evan Ellis, chercheur au CSIS, avertit que l'ampleur, la vitesse et le montage juridique de l'opération « suscitent naturellement des inquiétudes ». Plus frontal, l'économiste Ricardo Hausmann, ex-ministre vénézuélien de la Planification, juge sur X qu'un « gouvernement intérimaire illégitime, doté d'une loi sur les hydrocarbures illégitime, n'a pas la légitimité pour conclure cet accord inconstitutionnel ». El Norte, reprenant une dépêche Reuters plus laconique, se limite à évoquer un accès de long terme de Washington aux réserves, sans mentionner ni la durée de 100 ans ni le rôle direct du Pentagone.
