ANGLE DOMINANT
Islamabad dissocie la promesse d'investissement du fond du dossier : comment un pays cède-t-il le contrôle de ses propres gisements à un autre État, sans précédent juridique reconnu ?
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump annonce sur Truth Social le contrôle américain de « plus de 65 milliards de barils » de réserves vénézuéliennes, contre 90 milliards selon Axios sur un total national de 300 milliards.
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Delcy Rodríguez évoque 17 gisements stratégiques, plus de 100 milliards de dollars d'investissements attendus et jusqu'à 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État.
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Le chercheur Jorge Pinon souligne l'absence de mécanisme juridique clair pour transférer les actifs « non pas à une entreprise privée, mais à un autre pays ».
ANALYSE
Islamabad, 29 août 2026. L'annonce faite vendredi par Donald Trump d'un accord donnant aux États-Unis le contrôle de « plus de 65 milliards de barils » de réserves pétrolières vénézuéliennes est relayée par la presse pakistanaise d'abord pour ses zones d'ombre. Le président américain l'a qualifiée sur Truth Social de « plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale », négocié par le secrétaire d'État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez, arrivée au pouvoir en janvier après la capture de Nicolás Maduro par une opération militaire américaine. Rodríguez évoque 17 gisements stratégiques, plus de 100 milliards de dollars d'investissements attendus et jusqu'à 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État vénézuélien. Mais Axios, cité par ARY News, avance un chiffre différent : une douzaine de champs productifs totalisant 90 milliards de barils, sur un total national de 300 milliards de barils de réserves prouvées, les plus importantes au monde.
Au-delà de l'écart chiffré, c'est la mécanique juridique qui retient l'attention des médias pakistanais. Jorge Pinon, chercheur à l'université du Texas à Austin, cité par ARY News, résume le flou : « Nous ne savons pas comment le transfert aurait lieu. Est-ce une vente ? Un transfert de titre ? » Il souligne que les actifs seraient cédés « non pas à une entreprise privée, mais à un autre pays ». David Goldwyn, cité par Geo News, va plus loin : il n'existe « aucun précédent » pour qu'un gouvernement américain conclue un bail afin d'exploiter des champs pétroliers à l'étranger, alors que la Constitution vénézuélienne place les hydrocarbures sous contrôle exclusif de l'État.
Cette prudence s'inscrit dans une histoire que Geo News rappelle : le Venezuela avait nationalisé son industrie pétrolière dans les années 1970 autour de PDVSA, avant d'exproprier sous Hugo Chávez des actifs d'ExxonMobil et de ConocoPhillips. L'accord annoncé inverserait ce mouvement historique.
Les articles pakistanais relèvent aussi la dimension intérieure américaine : la réserve stratégique de pétrole des États-Unis est à son plus bas niveau depuis quarante ans, et Trump affronte une pression électorale liée aux prix de l'essence avant les élections de mi-mandat de novembre, après que la guerre en Iran a perturbé l'offre mondiale. La production vénézuélienne, actuellement de 1,25 million de barils par jour, n'a progressé que de 200 000 barils en un an, et Chevron, seule compagnie américaine restée active sous Maduro, ne vise qu'une hausse de 50 % d'ici 2028.
