ANGLE DOMINANT
Londres décrypte l'annonce de Trump à l'aune de son propre passé pétrolier impérial, en la comparant à la concession que l'Anglo-Persian Oil Company avait arrachée à la Perse en 1901.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'accord porte sur 65 milliards de barils selon Trump et Caracas, mais Axios et le Wall Street Journal évoquent 90 milliards de barils sur une douzaine de champs représentant près d'un tiers des réserves vénézuéliennes
- 02
La coentreprise prévue accorde 55 % de contrôle effectif aux États-Unis, avec une concession de cent ans sur dix-sept gisements, selon un responsable américain cité par la BBC
- 03
Trump affirme avoir déjà collecté plus de 13 milliards de dollars de ventes de pétrole vénézuélien depuis la capture de Nicolás Maduro en janvier, tout en promettant que l'accord actuel ne coûtera rien au contribuable américain
ANALYSE
Londres, 29 août 2026. Londres décrypte l'annonce de Donald Trump à l'aune de son propre passé pétrolier impérial. Le président américain a revendiqué vendredi le « plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale », donnant aux États-Unis le contrôle de plus de 65 milliards de barils de réserves vénézuéliennes prouvées — un chiffre confirmé par Caracas, mais qu'Axios et le Wall Street Journal portent à 90 milliards, sur une douzaine de gisements représentant près d'un tiers des ressources du pays. La presse britannique retient surtout le parallèle qu'établit dans les colonnes du Guardian l'historien de l'énergie Gregory Brew avec la concession que l'Anglo-Persian Oil Company, devenue BP, avait obtenue du Shah de Perse en 1901 : « Cela sonne colonial, parce que ça l'est. » L'accord, négocié par le secrétaire d'État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez, prévoit une coentreprise détenue à 55 % par Washington, assortie d'une concession de cent ans sur dix-sept champs. Selon la BBC, l'arrangement accorderait aux États-Unis « une gouvernance directe sur des ressources nationales souveraines d'un pays étranger » — un précédent dépassant en ampleur le contrôle américain du pétrole irakien après 2003. Peu de détails techniques ont filtré : ni le nom de l'opérateur privé partenaire, ni le texte de l'accord n'ont été publiés. L'opposition vénézuélienne dénonce une braderie ; un responsable, cité sans être identifié en raison de la sensibilité de critiquer les États-Unis, évoque un « accaparement de terres massif ». Pour la presse d'outre-Manche, l'épisode s'inscrit dans la « doctrine Donroe » de Trump, actualisation de la doctrine Monroe visant à évincer Chine et Russie du sous-continent, neuf mois après la capture de Nicolás Maduro par un commando américain. Elle note aussi que Trump affirme avoir déjà encaissé 13 milliards de dollars de ventes de brut vénézuélien depuis cette opération, tout en promettant que l'accord ne coûtera « rien au contribuable américain ». Reste, souligne-t-elle, l'incertitude politique à Caracas : aucune élection présidentielle n'a été fixée, et Delcy Rodríguez a elle-même jugé le pays « pas vraiment prêt » pour un scrutin.
SOURCES (4)
- The IndependentMOYEN
- Daily MailMOYEN
