ANGLE DOMINANT
Paris décrypte un coup de pression diplomatique à haut risque, où Washington subordonne après coup un accord nucléaire déjà signé à une normalisation saoudo-israélienne jugée irréaliste par la diplomatie française.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump affirme sur Truth Social que l'accord nucléaire civil est "entièrement conditionné" à l'adhésion saoudienne aux accords d'Abraham, un jour après sa signature (Le Monde, BFMTV)
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Bertrand Besancenot, ex-ambassadeur de France à Riyad, qualifie la manœuvre de "chantage" qui n'a "aucune chance" de convaincre les Saoudiens (France 24)
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Selon le Wall Street Journal, une clause de l'accord ouvrirait la voie à un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, malgré les garanties de non-prolifération invoquées par Marco Rubio (Le Monde)
ANALYSE
Paris, 24 juillet 2026. La séquence a de quoi surprendre les chancelleries : mercredi, Washington annonce en grande pompe un accord nucléaire civil avec Riyad ; jeudi, Donald Trump y ajoute, sur Truth Social, une condition absente du texte initial. L'accord "sera approuvé, mais il est entièrement conditionné à l'adhésion de l'Arabie saoudite aux très respectés et fructueux accords d'Abraham", écrit le président américain, cité par Le Monde et BFMTV, qui reconnaîtrait de facto l'État d'Israël.
France 24 relève que "rien ne permet d'affirmer que cette condition figure dans le texte de l'accord", toujours non publié, ni que Riyad l'ait acceptée. Bertrand Besancenot, ambassadeur de France en Arabie saoudite de 2007 à 2016, y voit "un chantage" déjà pratiqué par le passé par Washington, tout en jugeant qu'il "n'a aucune chance" de faire mouche auprès des Saoudiens, pour qui la question palestinienne reste un préalable politique intérieur sensible.
Sur le fond technique, Le Monde souligne qu'une clause du texte, selon le Wall Street Journal, permettrait à des entreprises américaines de construire un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite si une étude conjointe l'estime justifiée — une perspective que des experts en non-prolifération jugent risquée pour la région. Le secrétaire d'État Marco Rubio a pourtant assuré, mercredi, que "les États-Unis ne concluront aucun accord avec aucun pays du monde qui puisse entraîner un risque de prolifération".
Côté israélien, RFI décrit un accueil en "douche froide" à Jérusalem : l'accord briserait le dogme de la non-prolifération au Moyen-Orient tout en actant, dans un premier temps, l'abandon par Washington de sa condition de normalisation. Le bureau de Benjamin Netanyahu a néanmoins salué la volte-face de Trump comme une "avancée historique pour la paix au Moyen-Orient", évoquant "la paix par la force".
La presse française insiste sur l'incertitude qui en résulte : entre victoire diplomatique de Mohammed ben Salmane, qualifiée de "coup de maître" par le New York Times cité par France 24, et pari risqué de Trump sur une normalisation que Riyad a toujours conditionnée à des avancées concrètes pour les Palestiniens.
SOURCES (3)
- BFMTVMOYEN
