ANGLE DOMINANT
Brasília décode la crise d'Ormuz à travers le prisme du baril, mesurant chaque soubresaut du Brent et du WTI plutôt que les postures militaires de Washington et Téhéran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le Brent a dépassé 90 dollars pour la première fois du mois, atteignant 90,03 dollars (+2,63 %) vers 6h avant de retomber à 87,84 dollars vers 9h45 (Folha de S.Paulo).
- 02
Le WTI se négociait à 82,44-82,47 dollars le baril, après un bond de près de 5 % la veille selon Estadão.
- 03
L'Iran conditionne la réouverture du détroit à la fin du blocus des ports, une indemnisation, la levée des sanctions et le dégel de ses avoirs, selon Zolghadr cité par Estadão.
ANALYSE
Brasília, 12 août 2026. La presse économique brésilienne lit la crise du détroit d'Ormuz à travers le prix du baril plus qu'à travers les canonnières. Mardi, le Brent a dépassé les 90 dollars pour la première fois du mois, selon Folha de S.Paulo : le contrat de référence a touché 90,03 dollars (460,14 reais) vers 6h, heure de Brasília, en hausse de 2,63 %, avant de retomber à 87,84 dollars (448,95 reais), soit +0,14 %, vers 9h45. Le quotidien rappelle que le seuil des 90 dollars n'avait plus été franchi depuis le 31 juillet, quand le Brent avait atteint 90,80 dollars. Le WTI, référence américaine, se négociait à 82,44 dollars (421,35 reais), en hausse de 0,38 %.
Estadão décrit de son côté un marché qui « perd de la force » mardi après le bond de près de 5 % de la veille, tout en restant à des niveaux élevés : vers 10h, le Brent pour livraison en octobre progressait de 0,26 %, à 87,95 dollars, après avoir dépassé 1,5 % en séance et s'être approché des 90 dollars ; le WTI pour septembre avançait de 0,41 %, à 82,47 dollars. Le journal souligne que le détroit, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial échangé, reste fermé faute d'accord entre Téhéran et Washington.
Les deux titres détaillent les conditions posées par l'Iran pour rouvrir la voie : fin du blocus des ports iraniens, indemnisation des dommages de guerre, levée des sanctions et déblocage des avoirs gelés — exigences reprises par le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, qui réclame aussi le retrait des forces américaines de la région. Folha cite en retour Donald Trump, qui exige une compensation « de l'Iran pour toutes les personnes qu'ils ont tuées et blessées », évoquant l'attaque du USS Cole au Yémen en 2000 et des « milliers de manifestants innocents tués ces cinquante dernières années, dont 52 000 lors des cinq derniers mois ». Téhéran maintient par ailleurs des pourparlers séparés avec Oman sur un corridor de navigation temporaire. Pour la presse financière brésilienne, chaque déclaration se traduit d'abord en centimes par baril.
