ANGLE DOMINANT
Rome décrypte la revendication de contrôle total d'Ormuz de Donald Trump à l'aune des marchés : pétrole et or, plus que la diplomatie, disent l'incertitude persistante.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Brent a dépassé 90 dollars le baril et le WTI 85 dollars, l'or frôlant 4 500 dollars l'once (Adnkronos)
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Les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis sont tombées à 298,7 millions de barils, au plus bas depuis 1983 (Adnkronos)
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Trump affirme : « Nous avons le contrôle total du détroit d'Ormuz... C'est le nôtre » (ANSA/Adnkronos)
ANALYSE
Rome, 12 août 2026. La presse italienne aborde la crise du détroit d'Ormuz moins par le canal des chancelleries que par celui des marchés. Adnkronos ouvre son dernier bilan économique sur une phrase sans détour : « la course de l'or et du pétrole » s'accélère depuis que l'espoir d'un accord entre Washington et Téhéran s'éloigne. Le Brent a dépassé les 90 dollars le baril, le WTI a franchi le seuil des 85 dollars, et l'or évolue à ses plus hauts niveaux depuis deux mois, à un cheveu des 4 500 dollars l'once. L'analyste Angelo Drusiani, cité par l'agence, y voit le signe d'un doute plus profond : « la corrélation redevenue évidente entre l'or et le pétrole signifie que les doutes augmentent sur la capacité réelle de tenue des prix à moyen-long terme. » Autre chiffre retenu à Rome : les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis sont tombées sous les 300 millions de barils — 298,7 millions exactement, leur niveau le plus bas depuis 1983 — signe, selon Adnkronos, de la pression exercée sur les stocks américains par des mois de tension avec l'Iran.
Sur le plan diplomatique, ANSA et Adnkronos relaient sans filtre la formule martiale de Donald Trump : « Nous avons le contrôle total du détroit d'Ormuz en ce moment. Eux n'ont pas le contrôle. Nous avons le contrôle total. C'est le nôtre. » Le président américain ajoute une menace explicite en cas de provocation iranienne : « S'ils font quelque chose à un moment donné, ils seront balayés. » Il justifie sa défiance par le passé des négociations : « Je ne fais pas confiance à l'Iran. Je suis la dernière personne à faire confiance à l'Iran. Ils ont menti constamment », qualifiant les négociateurs iraniens de « rusés et malhonnêtes ».
Côté iranien, Adnkronos cite Mohsen Rezaei, chef du Conseil suprême de sécurité nationale, relayé par l'agence Tasnim : Washington devra mettre fin à la guerre — « y compris à Gaza et au Liban » — et débloquer les avoirs iraniens gelés avant toute réouverture. Un accord entre l'Iran et Oman sur la gestion du détroit serait « en phase avancée », mais Rezaei prévient qu'il ne suffirait pas à lui seul à garantir sa réouverture.
Rome retient surtout ce paradoxe : la rhétorique de la victoire totale outre-Atlantique cohabite avec des marchés qui, eux, tarifient l'incertitude persistante.
