Le 18 mai 2026, Donald Trump a publié sur Truth Social une série d'avertissements menaçant l'Iran de destructions massives faute d'accord rapide, résumés par la formule « The Clock is Ticking ». Peu avant, il avait suspendu une frappe militaire déjà planifiée contre l'Iran, à la demande expresse des dirigeants du Qatar, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, tout en maintenant ses forces en état d'alerte maximale.
Cet épisode s'inscrit dans un conflit ouvert depuis les frappes conjointes américano-israéliennes du 28 février. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis début avril, mais les deux camps n'ont tenu qu'une seule session de négociations formelle, à Islamabad, soldée par un échec. Les pourparlers achoppent sur le dossier nucléaire et sur les conditions financières.
Les enjeux dépassent le seul face-à-face militaire. Des frappes de drones ont visé la centrale nucléaire de Barakah aux Émirats et l'espace aérien saoudien, sans faire de victimes ni provoquer d'émissions radioactives, mais en aggravant les risques d'escalade régionale. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 à 25 % du commerce pétrolier mondial, est perturbé : le Brent a dépassé 111 dollars le baril, alimentant une crise énergétique globale.
La médiation obtenue par les monarchies du Golfe marque un glissement régional : ces États se positionnent désormais en arbitres entre Washington et Téhéran. La portée des faits, elle, reste disputée. Washington conditionne tout accord à un démantèlement quasi-total du programme nucléaire iranien et au transfert de l'uranium enrichi ; Téhéran réclame la levée des sanctions, le déblocage de ses avoirs gelés et des garanties sur Ormuz, et refuse de coupler fin du conflit et concessions nucléaires. Les acteurs divergent aussi sur la responsabilité de l'escalade et sur le sérieux d'une contre-proposition iranienne en quatorze points, jugée insuffisante par Washington.