ANGLE DOMINANT
Washington tranche en faveur d'un rapprochement avec Pyongyang, quitte à fragiliser l'alliance avec Séoul et à irriter Tokyo, dans la foulée d'un embourbement en Iran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a instruit Hegseth de « substantiellement réduire » les exercices conjoints, quelques heures avant le début prévu d'Ulchi Freedom Shield lundi
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Trump affirme avoir proposé à Séoul de rejoindre la « dénucléarisation » de l'Iran ; le président sud-coréen aurait répondu « No thanks! »
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Le ministère sud-coréen de la Défense a répondu que les manœuvres « se poursuivent comme prévu », en décalage avec l'annonce présidentielle
ANALYSE
Washington, 17 août 2026. Donald Trump a annoncé dimanche avoir ordonné au secrétaire à la Défense — qu'il appelle désormais « Secretary of War » — Pete Hegseth, de « substantiellement réduire » les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, quelques heures avant leur lancement prévu lundi. Sur Truth Social, le président a justifié sa décision par sa « très bonne relation » avec Kim Jong-un, qu'il a qualifié de « sans menace et respectueux » depuis son retour à la Maison Blanche, et a jugé que les manœuvres envoyaient un « signal totalement inapproprié et hostile » à Pyongyang — reprenant mot pour mot le vocabulaire nord-coréen, relève NBC News.
NPR relève que ce geste s'inscrit dans un revirement plus large de l'administration envers ses alliés : Trump et ses proches ont aussi fustigé les partenaires de l'OTAN pour leur soutien jugé insuffisant face à la guerre en Iran, alors même que l'Alliance cherche à contenir une Russie plus agressive dans la région balte.
Trump a lié sa décision à un différend distinct avec Séoul : il affirme avoir proposé au président sud-coréen Lee Jae-myung de se joindre à la « dénucléarisation » de l'Iran, avant d'essuyer un refus. « Bien que quelque peu sans rapport (?) », a-t-il écrit, avant d'enchaîner sur les exercices, selon Fox News et The Hill.
L'exercice visé, Ulchi Freedom Shield, doit se dérouler du 17 au 27 août et mobilise une partie des 28 500 militaires américains stationnés en Corée du Sud. Le ministère sud-coréen de la Défense a répondu lundi que les manœuvres « se poursuivent comme prévu », signe d'un flou persistant sur ce que recouvre concrètement la réduction annoncée, note NBC News.
Pour The Atlantic, cette décision s'inscrit dans un schéma plus large : après six mois d'une guerre en Iran qui n'a atteint aucun de ses objectifs déclarés — changement de régime, destruction des capacités balistiques et nucléaires — et une menace d'assassinat qui a forcé Trump à quitter discrètement la région, le président sanctionnerait un allié loyal plutôt que d'assumer ses propres revers. Axios rappelle que la Corée du Nord a testé un missile balistique mercredi dernier, en apparente protestation contre les exercices, tir condamné conjointement par Washington, Tokyo et Séoul.
Le contraste est net avec la position tenue en mai par Hegseth lui-même, qui saluait alors la hausse des dépenses de défense sud-coréennes comme un modèle de « partage du fardeau » pour les alliés américains, selon NPR.
SOURCES (6)
- NPRMOYEN
- Fox News LatestMOYEN
- NBC News WorldMOYEN
- AxiosMOYEN
- The AtlanticMOYEN
- The HillMOYEN
