ANGLE DOMINANT
Berlin mesure la profondeur de la crise xénophobe sud-africaine, documentant des meurtres, des évacuations de masse et une défaillance policière reconnue par les autorités elles-mêmes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un ressortissant malawien et un Ougandais ont été tués lors des violences précédant le 30 juin ; commerces pillés et logements incendiés dans plusieurs villes (Tagesschau)
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Le Ghana, Nigeria, Mozambique, Zimbabwe et Malawi ont déclenché l'évacuation de leurs ressortissants d'Afrique du Sud face aux violences (Tagesschau)
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Le ministre de la Police Firoz Cachalia a reconnu que les autorités avaient 'hésité trop longtemps à s'exprimer clairement' sur les tensions xénophobes (Deutsche Welle)
ANALYSE
Berlin, 1er juillet 2026. À quelques heures du délai fixé par les mouvements anti-migrants, l'Afrique du Sud était en état d'alerte. Les groupes "March and March" et "Operation Dudula" avaient posé un ultimatum : le 30 juin, tous les migrants en situation irrégulière devaient quitter le pays, sous peine de voir l'ensemble de l'économie nationale paralysée.
La presse allemande a documenté l'escalade des semaines précédentes : commerces pillés, logements incendiés, habitants blessés. Selon Tagesschau, un ressortissant malawien a été tué la semaine précédant le délai, et un Ougandais a perdu la vie dans la nuit du 29 au 30 juin. Des groupes de vigilantes, souvent liés à une rhétorique populiste de droite, ont mené des raids dans des quartiers populaires, contrôlant les papiers d'identité et intimidant quiconque "semblait étranger", rapporte Deutsche Welle. Leurs actions ciblaient en théorie les sans-papiers, mais en pratique, tout individu à l'apparence étrangère pouvait être visé.
La réponse institutionnelle a été mise en défaut. Le ministre de la Police, Firoz Cachalia, a reconnu que les autorités avaient "hésité trop longtemps à s'exprimer clairement sur ce sujet". Le président Ramaphosa a affirmé : "Nous ne tolérerons aucune tentative de déstabiliser le pays." Malgré le déploiement massif des forces de l'ordre, des scènes de violence ont persisté le 30 juin, notamment à Germiston près de Johannesburg, où des groupes armés de matraques sont allés de maison en maison exiger des documents d'identité.
ZEIT Online souligne que "March and March" désigne les étrangers comme responsables du chômage, de la pauvreté et de la criminalité "sans pouvoir l'étayer". Des organisations de droits humains ont critiqué la passivité policière lors de nombreux incidents. La dirigeante du mouvement, Jacinda Ngobese-Zuma, a déclaré : "Ces gens ont peur pour leur vie dans leurs pays. Maintenant ils ont peur ici. Qu'est-ce qui les empêche d'aller ailleurs ?"
Face à l'urgence, plusieurs gouvernements africains — Ghana, Nigeria, Mozambique, Zimbabwe et Malawi — ont déclenché l'évacuation de leurs ressortissants. Des milliers de personnes ont fait la queue aux postes-frontières pour quitter le pays. Les médias allemands replacent la crise dans la longue série d'éruptions xénophobes qui secouent l'Afrique du Sud depuis la fin de l'apartheid en 1994, questionnant la capacité de l'État à prévenir ces débordements.
