ANGLE DOMINANT
Londres décrypte la crise xénophobe sud-africaine à travers le prisme humanitaire : derrière le bilan chiffré — 5 morts, 25 000 rapatriés — la presse britannique interroge la réponse de l'État face aux groupes anti-migrants.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Cinq ressortissants mozambicains tués et un Malawien de 29 ans lynché le 19 juin à Pietermaritzburg, selon des déclarations officielles relayées par la presse britannique
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Plus de 25 000 migrants rapatriés avant le 30 juin selon la police sud-africaine, plusieurs gouvernements africains ayant affrété des transports pour leurs ressortissants
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Les migrants étrangers représentent environ 4 % de la population sud-africaine de 62 millions d'habitants, dont plus de 3 millions en situation régulière selon les chiffres officiels
ANALYSE
Londres, 1er juillet 2026. Au cœur de Durban, les rues se sont vidées et les commerces ont fermé leurs portes en prévision du 30 juin, date fixée arbitrairement par des groupes anti-immigration comme ultime délai pour que les étrangers en situation irrégulière quittent l'Afrique du Sud. Plusieurs milliers de manifestants en tenue zoulous ont défilé dans le centre-ville en brandissant des bâtons, scandant "Abahambe !" — "Qu'ils partent !" en isiZulu, devenu le slogan fédérateur d'un mouvement qui secoue le pays depuis plusieurs semaines.
Les violences ont déjà causé des morts. Cinq ressortissants mozambicains ont été tués selon une déclaration officielle de Maputo, et un Malawien de 29 ans a été lynché par une foule à Pietermaritzburg le 19 juin, après une manifestation anti-migrants. Des dizaines de milliers de personnes ont fui leurs logements, dormant dans des champs ou des camps de fortune. La police sud-africaine indique que plus de 25 000 migrants ont été rapatriés, tandis que plusieurs gouvernements africains ont affrété des bus ou des avions pour récupérer leurs ressortissants.
Le groupe March and March, l'un des principaux organisateurs des protestations, a fixé cette échéance. Sa dirigeante, Jacinta Ngobese-Zuma, a déclaré : "Nous n'appelons pas à la violence. Personne ne sera tué le 30 juin et aucun pillage n'aura lieu en notre nom." Malgré ces assurances, des migrants disposant de titres de séjour valides ont également signalé des actes de harcèlement, soulignant le caractère souvent indiscriminé des actions menées contre les étrangers.
Le président Cyril Ramaphosa a multiplié les avertissements. Dans sa lettre hebdomadaire aux citoyens, il a rappelé que les ressortissants étrangers en situation légale "ont droit à la protection de nos lois et de notre Constitution", tout en reconnaissant la nécessité de réformes migratoires. Les autorités ont déployé des unités de police à Johannesburg et Durban, ainsi que des véhicules des forces de défense nationale, pour prévenir des violences à grande échelle.
Le contexte historique aggrave la gravité de la situation. Les émeutes anti-migrants de 2008 avaient fait 62 morts ; celles de 2021, liées à l'emprisonnement de l'ancien président Jacob Zuma, avaient causé plus de 350 décès. Les migrants étrangers représentent environ 4 % de la population sud-africaine de 62 millions d'habitants selon les chiffres officiels. Plus de trois millions d'étrangers en situation régulière résident légalement dans le pays.
