ANGLE DOMINANT
Pékin décrypte une crise xénophobe d'ampleur en Afrique du Sud, où l'ultimatum du 30 juin a contraint quelque 25 000 migrants africains à fuir, tout en insistant sur la réponse institutionnelle du président Ramaphosa.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Environ 25 000 migrants ont été rapatriés en quelques semaines selon l'Autorité de gestion des frontières sud-africaine, dont quelque 15 000 Malawiens traités pour le départ.
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Au moins quatre ressortissants étrangers ont été tués lors de violences anti-migrants : deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawien, les autorités mozambicaines signalant un bilan encore plus lourd.
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Plus de 500 Zimbabwéens se sont rassemblés devant le consulat de leur pays à Cape Town, passant la nuit sur les trottoirs sous la pluie en attendant un rapatriement assisté.
ANALYSE
Pékin, 1er juillet 2026. La couverture de la crise xénophobe en Afrique du Sud par les médias chinois – CGTN en tête, suivi du South China Morning Post – adopte un registre rigoureusement factuel, centré sur les déplacements de population, les bilans humains et les réponses institutionnelles.
Le groupe anti-immigration « March and March », dont la dirigeante Jacinta Ngobese-Zuma réclamait une « action de masse nationale », avait fixé le 30 juin comme ultimatum informel pour que les étrangers en situation irrégulière quittent le pays. Selon l'Autorité de gestion des frontières sud-africaine citée par CGTN, environ 25 000 personnes ont déjà été rapatriées. Quelque 15 000 Malawiens ont été traités pour le départ ; des ressortissants du Ghana, du Mozambique, du Nigeria et du Zimbabwe ont également quitté le territoire.
La dimension humanitaire est au cœur du traitement médiatique chinois. CGTN rapporte que plus de 500 Zimbabwéens se sont massés devant le consulat de leur pays à Cape Town, certains passant la nuit sur les trottoirs sous la pluie. Des organisations humanitaires ont distribué vivres et produits de première nécessité, les autorités locales n'ayant fourni aucune aide. L'Ouganda a annoncé l'évacuation de près de 750 de ses ressortissants.
Au moins quatre étrangers ont été tués dans des violences récentes : deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawien. Les autorités mozambicaines ont signalé un bilan encore plus lourd parmi leurs citoyens. Des raids de porte-en-porte ont visé des migrants, y compris ceux en situation régulière, dans plusieurs quartiers informels.
Côté institutionnel, le président Cyril Ramaphosa a déclaré devant la chambre haute du Parlement : « Nous ne tolérerons aucune tentative de déstabilisation du pays. » Les forces de l'ordre ont été massivement déployées le 30 juin pour prévenir violences et pillages. Alan Winde, Premier ministre de la Province du Cap-Occidental, a rappelé : « Il n'existe aucune justification à la violence en quelque circonstance que ce soit. »
Le South China Morning Post rapporte que Ramaphosa a rencontré lundi trois dirigeants du mouvement pour les appeler à la retenue. Les manifestations à Johannesburg, Pretoria, Durban et Cape Town ont finalement été « largement pacifiques » sous haute surveillance policière. La Chine, premier partenaire commercial de l'Afrique du Sud, n'a pas émis de commentaire officiel sur cette crise.
