ANGLE DOMINANT
Le Canada tranche en faveur d'une lecture de guerre par procuration : la presse canadienne présente l'offensive de Sanaa comme un front de l'affrontement avec l'Iran, au risque de la mer Rouge.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Rachad al-Alimi a promis dimanche, dans une allocution télévisée, de poursuivre l'offensive « jusqu'à ce que le pays soit libéré de l'emprise de la milice terroriste » (Globe and Mail).
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Les Houthis ont pris le mois dernier le détroit de Bab el-Mandeb et environ 150 km de côte sur la mer Rouge, selon le Globe and Mail.
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Le Canada a désigné Ansarallah comme entité terroriste en 2024, rappelle le National Post.
ANALYSE
Ottawa, 5 octobre 2026. Dans la presse canadienne, l'offensive yéménite est d'abord une affaire de front régional. Le Globe and Mail rapporte que le gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite a annoncé dimanche une « vaste campagne militaire » pour reprendre toutes les zones tenues par les Houthis, que l'Iran appuie. Le président du Conseil présidentiel, Rachad al-Alimi, a promis dans une allocution télévisée de poursuivre l'offensive « jusqu'à ce que le pays soit libéré de l'emprise de la milice terroriste ». Un porte-parole militaire a ensuite appelé les Houthis à déposer les armes.
Le quotidien rappelle que les Houthis, formellement Ansar Allah, tiennent Sanaa et de vastes parties du nord-ouest, où vit l'essentiel de la population, depuis 2014. Ils ont résisté à des années d'attaques de l'Arabie saoudite, des Émirats et de leurs alliés occidentaux, et ont modernisé leur arsenal avec l'aide de Téhéran. Le mois dernier, leur offensive surprise a emporté en quelques semaines le détroit de Bab el-Mandeb et quelque 150 km de côte sur la mer Rouge. Cette avancée a ouvert, écrit le journal, un nouveau front de la guerre américano-israélienne lancée en février contre l'Iran, dont les réponses ont compris l'étranglement du trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz.
Le même jour, les Houthis ont affirmé avoir lancé missiles balistiques et drones sur des sites d'Aramco à Riyad et dans la région de Khurais, en riposte à ce qu'ils décrivent comme 50 frappes aériennes et de missiles de la coalition en 12 heures. Le Globe note l'absence de confirmation immédiate de ces dégâts.
La chronique de Mohamed Fahmy dans le National Post pousse la lecture plus loin. Pour lui, la guerre au Yémen « n'est plus simplement un conflit interne » mais une guerre par procuration dangereuse entre rebelles houthis soutenus par l'Iran et forces gouvernementales soutenues par Riyad. Il s'interroge sur ce qui arrive si Téhéran mobilise pleinement ses alliés : le détroit d'Ormuz transportait environ 20 % du pétrole mondial avant la guerre, et Bab al-Mandab est une artère pour environ 12 % du commerce maritime mondial. Il y décrit une Arabie saoudite « seule » pour défendre le commerce mondial.
Le texte rappelle aussi un fait proprement canadien : le Canada a désigné Ansarallah comme entité terroriste en 2024, et l'ONU maintient un régime de sanctions visant les dirigeants houthis. Ce rappel inscrit la couverture dans la position officielle d'Ottawa, plus que dans le suivi du bilan humain ou des routes coupées autour de Taëz.
