ANGLE DOMINANT
Paris doute de la portée de l'offensive annoncée par Rachad al-Alimi : la presse française met en regard une promesse de reconquête et un rapport de force qui joue pour les Houthis, avec Taëz encerclée.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Rachad al-Alimi a annoncé dimanche 4 octobre le lancement d'opérations militaires pour reprendre « les territoires de la République qui restent à reconquérir » (RFI, Le Monde, France 24).
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Selon des sources sécuritaires citées par l'AFP, les Houthis ont coupé l'axe Taëz-Aden et encerclent Taëz, après la prise du secteur d'Al-Safiya (Le Monde).
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Farea al-Muslimi (Chatham House) juge l'annonce « insignifiante » vu les capacités aériennes réduites du pouvoir ; Hans Grundberg s'alarme des routes coupées (Sud Ouest).
ANALYSE
Paris, 5 octobre 2026. Dimanche 4 octobre, le chef du Conseil présidentiel yéménite, Rachad al-Alimi, a annoncé « le lancement des opérations militaires visant à reprendre les territoires de la République qui restent à reconquérir », selon la formule que reprennent RFI, Le Monde et Sud Ouest. Il a appelé les forces armées à mener leurs missions « conformément aux plans approuvés », selon France 24, jusqu'à ce que le pays soit libéré de ce qu'il nomme la « milice terroriste houthiste ».
La presse française place cette annonce à côté du revers militaire du jour. Le Monde, citant l'AFP, rapporte que les houthistes pro-iraniens ont coupé dimanche l'axe qui relie Taëz à Aden, siège du gouvernement reconnu, et qu'ils encerclent désormais la ville, troisième du pays par la population. Une source policière locale évoque la prise du secteur d'Al-Safiya, de la route principale et du commissariat, et des témoins décrivent d'intenses combats à Al-Safiya et Al-Samsara. Le journal parle d'un « nouveau revers » pour les forces gouvernementales et leur allié saoudien.
Le scepticisme domine les commentaires d'experts. Interrogé par RFI, Sébastien Boussois juge l'offensive peu crédible. Il rappelle que l'Arabie saoudite peine à sécuriser son pipeline et que les Américains ne semblent pas déterminés à aider le président, dont il dit qu'il « ne dirige pas grand-chose ». Sud Ouest cite Farea al-Muslimi, de Chatham House, qui qualifie l'annonce d'« insignifiante » en raison des capacités aériennes très réduites du pouvoir. Selon lui, les insurgés ont atteint leur but d'« isoler Taëz d'Aden ».
Le volet humanitaire reste présent mais secondaire. Sud Ouest titre sur plus de 70 morts en 24 heures. Il rapporte l'inquiétude de l'émissaire de l'ONU, Hans Grundberg, devant des fermetures de routes qui entravent la fuite des habitants dans un secteur accueillant « la majorité des Yéménites récemment déplacés ». Ahmed Nagi, de l'International Crisis Group, avertit que la situation humanitaire et militaire pourrait se dégrader très vite.
Le contexte régional sert de toile de fond. RFI indique que la reprise des hostilités en juillet a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis, maîtres de Sanaa depuis 2014, ont pris en septembre le littoral ouest sur la mer Rouge à l'issue d'une offensive éclair. France 24 rappelle la prise du port stratégique de Mocha.
SOURCES (4)
- Sud OuestMOYEN
