ANGLE DOMINANT
Washington pèse le dilemme de Donald Trump : soutenir l'offensive saoudo-yéménite contre les Houthis sans ouvrir un nouveau front, alors que Bab al-Mandeb donne à l'Iran un levier sur les États-Unis.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Rachad al-Alimi a annoncé dimanche 4 octobre, depuis l'Arabie saoudite, une opération pour « reprendre les territoires restants » aux Houthis, qui ont saisi le mois précédent la côte de la mer Rouge et Bab al-Mandeb (ABC News).
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Les États-Unis ne combattent pas directement les Houthis « pour l'instant » mais fournissent renseignement et appui au ciblage, selon des responsables américains cités par Axios.
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Selon Axios, le CENTCOM voyait des frappes au Yémen comme une distraction par rapport à l'Iran, et Donald Trump hésite entre aider Mohammed ben Salmane et éviter un nouveau front.
ANALYSE
Washington, 5 octobre 2026. Pour la presse américaine, l'offensive annoncée dimanche 4 octobre par le président du Conseil présidentiel yéménite, Rachad al-Alimi, intéresse d'abord les États-Unis par ses conséquences stratégiques. ABC News, reprenant une dépêche, rapporte que depuis l'Arabie saoudite il a déclaré vouloir « reprendre les territoires restants » tenus par les Houthis. Ces derniers ont réalisé le mois précédent, selon ABC, leur plus grande conquête territoriale depuis des années, en s'emparant de la côte yéménite de la mer Rouge et du détroit de Bab al-Mandeb. Al-Alimi a appelé la communauté internationale à soutenir son gouvernement, soutenu par Riyad.
Axios insiste sur l'enjeu mondial. Selon le site, l'un des objectifs de l'opération est de reprendre le contrôle de Bab al-Mandeb, « artère vitale du commerce mondial et des exportations pétrolières saoudiennes ». La prise de la côte donne aux Houthis, et à l'Iran qui les soutient, un « levier puissant » sur les États-Unis, leurs alliés du Golfe et l'économie mondiale. Axios cite al-Alimi : « Nous avons épuisé toutes les possibilités de désescalade avec les milices houthies. »
Axios décrit une contre-offensive préparée depuis des semaines : des dizaines de milliers de soldats au sol, une couverture aérienne saoudienne, et pour objectif affiché la reprise de Sanaa. Les Houthis ont tiré des missiles sur des cibles saoudiennes, dont des installations d'Aramco.
Le cœur du récit américain est la position de Washington. Malgré les demandes de Riyad, les États-Unis n'engagent pas de combat direct contre les Houthis « pour l'instant ». Selon des responsables américains cités par Axios, ils fournissent du renseignement et un appui au ciblage. Axios écrit que Donald Trump est « pris entre » le désir d'aider le prince héritier Mohammed ben Salmane, son ami et allié, et celui d'éviter de s'enliser sur un nouveau front au Moyen-Orient. Le Commandement central (CENTCOM) avait aussi de sérieuses réserves sur des frappes au Yémen, y voyant une distraction par rapport à son attention portée à l'Iran, selon un responsable américain.
ABC place l'annonce dans un panorama régional : le président du Parlement iranien, négociateur principal des pourparlers directs avec les États-Unis plus tôt dans l'année, affirme que Washington a récemment transmis des propositions par un médiateur, sans en donner le détail. Les Houthis, eux, assiègent Taëz depuis plus de dix ans et ont perturbé la route reliant la ville à Aden, siège du gouvernement. Le Yémen apparaît ainsi, vu des États-Unis, comme une pièce de la confrontation avec Téhéran.
