ANGLE DOMINANT
Budapest décrypte l'impasse de Miami comme la preuve que la diplomatie ukraino-russe reste bloquée sur le protocole du lieu, plus que sur le fond des discussions.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a qualifié d'« impossible », samedi à New Delhi, une rencontre Poutine-Zelensky au G20 de Miami, exigeant que toute rencontre se tienne à Moscou.
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Volodimir Zelensky a déclaré à la Deutsche Welle : « Találkoznunk kell, beszélnünk kell, döntéseket kell hoznunk » (nous devons nous rencontrer, nous devons parler, nous devons prendre des décisions).
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Sergueï Lavrov a affirmé, selon TASS, que la Russie est prête à négocier avec Kyiv sans arrêter ses opérations militaires, qualifiant l'invitation à Moscou de « geste énorme ».
ANALYSE
Budapest, 14 septembre 2026. À Budapest, la presse résume en une phrase l'état de la diplomatie ukraino-russe : tout le monde dit vouloir parler, personne ne s'entend sur le lieu. Samedi, à New Delhi où il accompagnait Vladimir Poutine au sommet des BRICS, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a jugé « impossible » une rencontre entre le président russe et Volodimir Zelensky au sommet du G20 de Miami en décembre. Moscou, a-t-il précisé, n'a même pas encore tranché si Poutine se rendra à ce sommet, et n'envisage une rencontre qu'à Moscou même.
L'annonce répond à une interview accordée le même jour par Zelensky à la chaîne allemande Deutsche Welle, dans laquelle le président ukrainien s'est dit prêt à rencontrer Poutine à Miami : « Nous devons nous rencontrer, nous devons parler, nous devons prendre des décisions », a-t-il déclaré.
Les médias hongrois 444 et HVG rappellent que ce blocage sur le lieu n'est pas nouveau. En 2025, Zelensky avait proposé un sommet trilatéral avec les États-Unis à Istanbul ; Poutine avait refusé de s'y rendre, n'envoyant qu'une délégation de rang subalterne. À l'automne, Poutine avait à son tour proposé Moscou comme lieu de rencontre, une offre que Kyiv avait rejetée, exigeant que le président russe se déplace lui-même à Kyiv. Depuis, Kyiv répète que des raisons de sécurité et de principe excluent tout déplacement de Zelensky à Moscou.
En marge du sommet des BRICS, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé, selon l'agence TASS, que la Russie était prête à négocier avec Kyiv sans pour autant suspendre ses opérations militaires. « La bonne volonté existe au sein du gouvernement russe », a-t-il assuré, ajoutant que l'invitation à se rendre à Moscou constituait en elle-même « un geste énorme » de la part de la Russie.
Budapest note aussi que Kyiv prépare une reprise en octobre des discussions trilatérales avec Washington et Moscou, après la session de Genève, tandis que Donald Trump juge « fantastique » son récent échange téléphonique avec Poutine et n'exclut pas un sommet tripartite. Pour la presse hongroise, ce ballet diplomatique illustre moins une avancée vers la paix qu'une négociation sur les symboles, chaque camp cherchant à faire porter à l'autre le poids du déplacement.
