ANGLE DOMINANT
Moscou écarte toute rencontre à Miami et pose sa capitale comme seul lieu possible d'un sommet Poutine-Zelensky, dénonçant au passage l'incohérence du dirigeant ukrainien sur le Donbass.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré à l'AFP samedi 12 septembre 2026 qu'une rencontre Poutine-Zelensky au G20 de Miami était « impossible », une telle rencontre ne pouvant se tenir qu'à Moscou.
- 02
Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, a affirmé que la participation même du président russe au G20 de Miami (14-15 décembre) « n'a même pas été discutée » à Moscou.
- 03
Sergueï Lavrov, en marge du sommet des BRICS à New Delhi, a affirmé qu'une venue de Zelensky à Moscou serait « un geste de bonne volonté énorme », le dirigeant ukrainien n'ayant pas abrogé son décret interdisant tout contact avec Poutine.
ANALYSE
Moscou, 14 septembre 2026. Le Kremlin écarte sans détour l'idée d'un sommet à Miami. Interrogé samedi 12 septembre 2026 par l'AFP sur une éventuelle rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky en marge du G20 de décembre, le porte-parole présidentiel Dmitri Peskov a répondu : « C'est impossible ». Il a rappelé la position constante de Moscou : si le dirigeant ukrainien veut rencontrer son homologue russe, la rencontre ne peut avoir lieu qu'à Moscou.
La participation même de Vladimir Poutine au sommet reste incertaine. « Nous ne savons pas encore si nous irons à Miami », a précisé Dmitri Peskov, cité par Interfax. Son collègue Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du président russe, est allé plus loin en affirmant que la question de la présence de Vladimir Poutine à Miami « n'a même pas été discutée » à Moscou, malgré un précédent geste d'ouverture d'avril, lorsque le Kremlin avait évoqué un possible déplacement après une suggestion de Donald Trump.
En marge du sommet des BRICS à New Delhi, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a durci le ton contre le chef de l'État ukrainien, lui reprochant de « ne pas être présent dans son propre pays », alors que « la direction russe a suffisamment à faire chez elle ». Selon lui, une venue de Volodymyr Zelensky à Moscou constituerait déjà « un geste de bonne volonté énorme », puisque le dirigeant ukrainien n'a toujours pas abrogé son décret interdisant tout contact direct avec Vladimir Poutine.
Côté ukrainien même, la sortie de Volodymyr Zelensky suscite le scepticisme. Interrogée par RIA Novosti, l'historienne Marta Havrichko a jugé la position de Kiev « absurde », pointant l'incohérence d'un dirigeant qui refuse toute concession sur le Donbass tout en réclamant un tête-à-tête avec Vladimir Poutine : « Il pense que l'Ukraine est en position favorable. Qu'est-ce qu'il compte accepter là-bas ? »
Ce bras de fer diplomatique s'inscrit dans un contexte plus large : un appel téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump a eu lieu mardi 8 septembre 2026, tandis que l'émissaire américain Steve Witkoff et l'homme d'affaires Jared Kushner ont, début septembre, effectué la navette entre Moscou et Kiev. Le sommet du G20 se tiendra les 14 et 15 décembre à Miami.
SOURCES (4)
- Moscow TimesMOYEN
- VedomostiMOYEN
- RIA NovostiMOYEN
