ANGLE DOMINANT
Buenos Aires consacre dans cette investiture l'étape finale d'une tournée régionale de Javier Milei, plus que la passation de pouvoir colombienne elle-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La délégation de Javier Milei (Karina Milei, Pablo Quirno) a enchaîné à Cali une réunion avec le ministre israélien Gideon Sa'ar puis une audience avec De la Espriella avant la cérémonie
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Échange d'accolades : « ¡Vamos, Tigre! » (Milei) puis « Está el tigre y el león. ¡Viva la libertad, carajo! » (De la Espriella), qui a aussi qualifié Milei de « source d'inspiration » et de « faro »
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Milei a reçu un doctorat honoris causa de l'Universidad Santiago de Cali et rentre en Argentine, selon Ámbito, « avec la défaite du Sénat sur les bras »
ANALYSE
Buenos Aires, 8 août 2026. Pour l'Argentine, l'investiture d'Abelardo de la Espriella à Cali n'est pas d'abord une affaire colombienne : c'est la dernière étape d'une tournée internationale de Javier Milei, après une première escale à Quito. La délégation argentine — le président, la secrétaire générale de la Présidence Karina Milei et le chancelier Pablo Quirno — a multiplié les rendez-vous à Cali : une réunion bilatérale avec le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa'ar le matin, puis une audience avec le président élu colombien avant la cérémonie officielle à l'Arena USC.
La presse argentine retient surtout l'échange scénographié entre les deux dirigeants. À l'accolade, Milei a lancé « ¡Vamos, Tigre! », en référence au surnom d'« El Tigre » que porte De la Espriella ; celui-ci a répondu « Está el tigre y el león. ¡Viva la libertad, carajo! ». Peu avant, le nouveau président colombien avait salué Milei comme « source d'inspiration pour toute cette bataille » et comme un « phare » pour son espace politique, lui créditant un rôle dans l'expansion des forces de droite en Amérique latine. Milei, de son côté, a jugé que son arrivée au pouvoir représentait « le premier pas » d'une nouvelle étape régionale.
Le récit argentin s'attarde aussi sur les honneurs reçus par le chef de l'État : un doctorat honoris causa décerné par l'Universidad Santiago de Cali, remis dans la matinée avant la cérémonie d'investiture proprement dite. Le retour vers Buenos Aires était prévu de nuit, au terme d'une tournée qui aura conduit Milei successivement en Équateur puis en Colombie.
Mais la couverture argentine ne masque pas le contexte intérieur : plusieurs médias, dont Ámbito, rappellent que Milei rentre au pays « avec la défaite du Sénat sur les bras » et une agenda de réorganisation du gouvernement — signe que cette diplomatie de bloc idéologique se joue sur fond de difficultés domestiques pour le président argentin. Les enjeux proprement colombiens — narcotrafic, coca, absence de Gustavo Petro, tensions avec l'opposition de gauche — restent en arrière-plan des articles argentins, concentrés sur la geste bilatérale et la construction d'un front régional de droite dont Milei se présente comme l'inspirateur.
SOURCES (3)
- ClarínMOYEN
- El CronistaMOYEN
- AmbitoMOYEN
