ANGLE DOMINANT
La Paz mesure l'investiture de De la Espriella à l'aune de son propre vertige politique, plus qu'elle n'en analyse les ressorts colombiens.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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De la Espriella, 48 ans, avocat millionnaire et binational américain, a prêté serment à Cali — une cérémonie inédite hors de Bogotá — dans une région marquée par la pire vague de violence en une décennie.
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Petro a quitté le palais présidentiel en déclarant à ses partisans : « Espero que nos recuerden. Hasta siempre, libertad y vida. »
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De la Espriella s'engage à mettre fin aux négociations de « paix totale » de Petro avec les groupes liés au narcotrafic, dans le pays premier producteur mondial de cocaïne.
ANALYSE
La Paz, 8 août 2026. Abelardo de la Espriella a prêté serment ce vendredi comme président de la Colombie pour un mandat de quatre ans, lors d'une cérémonie tenue à Cali plutôt qu'à Bogotá. L'avocat pénaliste millionnaire de 48 ans, qui possède aussi la nationalité américaine et se présente comme un allié de Donald Trump, a juré de « respecter fidèlement la Constitution et les lois » du pays. Surnommé « El Tigre », il remplace Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire colombienne, qui conteste la légitimité de sa succession et dénonce une fraude électorale qu'aucune autorité n'a confirmée.
Selon la dépêche reprise par la presse bolivienne, la cérémonie s'est déroulée près de territoires sous influence de groupes armés, dans une région qui traverse la pire vague de violence en une décennie. Un habitant de Cali de 67 ans, Óscar Obando, confiait à l'AFP espérer que la « main forte » annoncée par le nouveau président n'entraîne pas de nouvelle violence. De la Espriella s'est engagé à mettre fin aux négociations de « paix totale » menées par Petro avec des organisations liées au trafic de cocaïne, dans le pays premier producteur mondial de cette drogue.
Petro a quitté le palais présidentiel dans l'après-midi, disant à ses partisans : « Espero que nos recuerden. Hasta siempre, libertad y vida. » Ses alliés ont appelé à manifester le jour même dans les principales villes, après une défaite électorale à moins d'un point de pourcentage, la marge la plus étroite de l'histoire du pays. Des centaines de personnes ont manifesté pacifiquement à Bogotá en soirée.
Ce que la presse bolivienne retient de l'événement tient, à ce stade, en quelques lignes d'agence classées en rubrique « Mundo ». Les titres du jour à La Paz sont dominés par l'actualité intérieure : le discours du président Rodrigo Paz pour le 6 août, les tensions autour du MAS et d'Evo Morales, le débat sur les alliances politiques et la crise du Tribunal électoral. La transition colombienne apparaît ainsi comme un fait régional enregistré, sans analyse bolivienne propre sur ses conséquences pour La Paz.
